Suisse: Le PDC veut abandonner son étiquette «catholique»

Plus de nécessité politique justifiant un parti confessionnel

St-Gall, 13 janvier 2004 (Apic) Il n’y a plus de nécessité politique justifiant un parti confessionnel. C’est ce qu’a affirmé le conseiller fédéral Joseph Deiss lors de l’assemblée des délégués du Parti démocrate chrétien (PDC) qui s’est tenu les 10 et 11 janvier à St-Gall. Après sa débâcle en octobre lors des élections au parlement, et la perte d’un siège au conseil fédéral en décembre, le parti recherche une nouvelle identité et veut entreprendre une réforme interne.

« La défense des intérêts des catholiques n’est plus un thème politique actuel », a encore affirmé samedi le conseil fédéral fribourgeois. Son confrère Hansheiri Inderkum, conseiller aux états uranais, l’a également soutenu au micro de la radio suisse alémanique DSR: Le PDC doit aller au-delà des livres, et sa relation avec le catholicisme doit être réexaminée. Cette question ne doit pas être discutée sans la base et ni dans la précipitation, prévient le conseiller national lucernois Ruedi Lustenberger sur les mêmes ondes.

Se pose maintenant la question: Que faire du « C » qualificatif de l’identité chrétienne du PDC? Un changement de dénomination ne ferait que perpétuer la recherche d’identité qui a marqué les conservateurs suisses depuis plus d’un siècle et demi. La droite conservatrice catholique a été lancée en 1848, souligne l’historien Urs Altermatt dans son « Dictionnaire historique de la Suisse ». Baptisé tour à tour « Association conservatrice suisse » (1874), « Union conservatrice » (1881), « parti populaire catholique » (1894), « parti conservateur populaire » (1912), « parti conservateur chrétien- social » (1957), ils ne prend sa dénomination actuelle de « Parti démocratique chrétien » qu’en 1970.

Pour la conseillère nationale saint-galloise Lucrezia Meier-Schatz, le parti doit conserver don « C ». « C’est justement ce qui nous distingue des autres partis », soutient-elle sur les ondes de DRS. Heidi Zraggen, présidente cantonale du PDC dans le canton d’Uri, évoque pour sa part les nombreuses personnes qui ont trouvé depuis des générations une patrie dans le « C ». Si cet élément chrétien était supprimé, elles ne pourraient plus s’identifier à ce parti, prévient-elle sur DRS.

Le partis chrétiens européens redéfinissent leur identité

Le conseiller aux Etats schwyzois Bruno Frick a rappelé dans le journal zurichois « Tages-Anzeiger » que de nombreux paris chrétiens en Europe ont redéfini leur ligne politique avec succès. Le ÖVP, en Autriche, a même renoncé à son étiquette chrétienne sans perdre son identité. Le milieu catholique ne constitue plus la base du PDC. Le parti doit redéfinir son contenu politique. « Les valeurs de base chrétiennes et conservatrices » restent cependant importantes, par exemple pour ce qui touche la protection de la vie et de la création, selon Bruno Frick.

Grand perdant des élections nationales 2003, le PDC est passé de 42 sièges au conseil national en 1990 à 28 aujourd’hui. Il ne représente plus que le 14,4% de la population. Suite à cette débâcle, et à la non-rélection de la conseillère fédérale Ruth Metzler au profit de l’UDC Christoph Blocher, le président national Philipp Stählin a démissionné. La plupart des favoris à sa succession, comme Bruno Frick ou la conseillère nationale argovienne Doris Leuthard, viennent de renoncer à se porter candidats.

Depuis dix ans, la Suisse vit par contre une poussée sur ses ailes gauche et droite: depuis 1991, le Parti socialiste a progressé au conseil national de 44 sièges à 61. L’UDC a sauté quant à lui de 29 à 63 sièges. (apic/gs/bb)

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