Berne: Les Eglises tirent un bilan très positif de « l’Année de la Bible »
Berne, 16 janvier 2004 (Apic) L’année 2003 a été consacrée par les principales Eglises et communautés chrétiennes de Suisse à la diffusion de la Bible dans le grand public. Sous le slogan « Chercher. Et trouver », cette initiative a été surtout relayée par les communautés locales. La rédaction à la main de la Bible par plus de 2’000 copistes a constitué le pont culminant des manifestations, selon les organisateurs. Le public pourra la découvrir ces prochaines semaines.
Des représentants des Eglises catholique romaine, protestante et catholique chrétienne, ainsi que des associations organisatrices de « l’Année de la Bible » ont présenté le 16 janvier à Berne un bilan de leur initiative. Peu de chiffres et encore moins de résultats palpables n’ont pu illustrer les fruits des nombreuses manifestations organisées dans ce cadre en 2003. « Les attentes ont été largement dépassées », a pourtant affirmé Dieter Bauer, directeur de l’oeuvre biblique catholique suisse, tout en précisant que « La Parole de Dieu parle d’abord au coeur de l’homme. Elle ne se prête pas forcément à des grandes manifestations ». C’est surtout par des animations, lettres pastorales, distributions de Bibles, animations lors des célébrations et autres événements ponctuels que les Eglises et associations bibliques ont tenté de mieux faire connaître la Parole de Dieu.
Une initiative originale en aura cependant constitué l’événement phare. Plus de 2’000 habitants de toute la Suisse se sont improvisés copistes en contribuant à la rédaction manuelle de la Bible. Six volumes reliés témoignent de ce travail de « bénédictin », réalisé dans les quatre langues nationales (allemand, français, italien, romanche) et avec des passages en anglais, tamil, vietnamien, . . L’expression de la diversité humaine qui marque la Suisse s’est également traduite par des écritures d’enfants, de jeunes, de spécialistes de la calligraphie, . et également par quelques dessins réalisés par des handicapés.
Adolf Ogi et des champions de ski également de la partie
« Le prologue de l’évangile de Jean a été écrit par l’ancien conseiller fédéral Adolf Ogi », a confié le pasteur Urs Joerg, secrétaire général de la Société biblique suisse. D’autres personnalités sportives ont certainement participé à cette oeuvre collective, car certains chapitres ont été rédigés par des participants au championnat du monde de ski à St- Moritz. Mais, dans la bonne tradition ancestrale des copistes, aucun rédacteur n’a signé de son nom sa contribution.
Cette « édition unique » de la Bible sera présentée ces prochaines semaines lors de célébrations oecuméniques à Bâle, Genève, Lausanne, Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds et Lugano. Elle sera ensuite déposée le 12 février au Palais fédéral à Berne en présence de la Chancelière de la Confédération et de représentants des deux chambres fédérales.
La Bible en cadeau à chaque politicien tessinois
Le Tessin a marqué cette année biblique par de multiples initiatives, comme l’a relevé Ernesto Borghi, président de l’association biblique de Suisse italienne, qui a qualifié le bilan des manifestations de « remarquable ». Ainsi, tout ce que le canton compte de politiciens au niveau fédéral, cantonal et communal ont reçu en 2003 un exemplaire de la Parole de Dieu. Par ailleurs, les Eglises ont multiplié les lieux de rencontre, animation et diffusion durant tout le courant de l’année. Elles ont également essayé de susciter l’intérêt pour la lecture de la Bible dans les différents lieux de vie et de travail de la population, « en se gardant de tout prosélytisme », a précisé Ernesto Borghi.
Partout, en Suisse, l’année de la Bible a reçu un accueil très positif du côté catholique. « La catholicisme, qui n’a pas développé de tradition de lecture de la Bible, a une volonté de rattraper le retard pris pendant plusieurs siècles », estiment les initiateurs. Preuves en sont les deux lettres pastorales relatives à la lecture de la Parole de Dieu rédigées en 2003 par les évêques suisses. Du côté réformé, « les autorités et les facultés de théologie se sont montrées plus réservées en raison du soupçon de fondamentalisme que l’on peut associer à une telle initiative ou du danger d’utilisation de la Bible comme un livre de recettes », estiment les organisateurs.
Lecture quotidienne de la Bible
« Consacre chaque jours une demi-heure à la lecture de la Bible. Et si tu as beaucoup à faire, une heure ». C’est la recommandation du Père Abbé de la communauté bénédictine d’Einsiedeln, Mgr Martin Werlen, à ceux qui prennent conseil auprès de lui. « Nous devons maintenir notre attention pour la Bible et nous encourager à la lire quotidiennement car, depuis bientôt 2’000 ans, chaque année est une Année de la Bible », a renchéri Fritz-René Müller, évêque de l’Eglise catholique chrétienne en Suisse.
Mais avant de devenir symbole d’unité entre les chrétiens, la Parole de Dieu, bien malgré elle, a créé la plus importante division qu’a connue l’Eglise catholique, au 16e siècle avec la Réforme, a rappelé l’évêque catholique chrétien. « L’écriture seule » : c’est avec ce mot d’ordre que les réformateurs ont affirmé que le salut des hommes ne dépendait pas d’une instance intermédiaire (les prêtres), mais était donné par les évangiles et les sacrements. « La Réforme a divisé l’Eglise en deux entités, l’une invoquant la primauté de la tradition et l’autre celle des écritures. Le principe de l’Eglise repose en fait à la fois sur les écritures et la tradition », a souligné l’évêque Müller. Il faudra attendre le 19e siècle pour assister à l’émergence de relations nouvelles au sein de l’Eglise. Enfin, le 20e siècle voit apparaître l’oecuménisme, « tentative réjouissante de tous les chrétiens de vivre leur patrimoine commun à travers la Bible ».
La plupart des manifestations organisées dans le cadre de l’Année de la Bible ont eu lieu au niveau local. A l’été 2002 déjà, les initiateurs avaient préparé un catalogue d’idées et un site Internet (www.annee-de-la- bible.ch) comme plate-forme pour l’échange des actions et manifestations prévues. Dans les médias ecclésiastiques une série d’articles portant sur des textes de la Bible réputés difficiles a été publiée. BB
Encadré
Les jeunes aussi
Redécouvrir des textes bibliques d’une manière créative et interactive à la lumière de 12 thèmes particulièrement parlants dans la vie des jeunes de 8 à 13 ans: tel était l’objectif du projet « Sur les traces de la Bible ». Dans le cadre de ce projet mené sous l’égide du Bibellesebundes, 360 sacs à dos munis de symboles ont été fournis en faveur de 6000 enfants. Chaque sac à dos contenait des symboles, comme par ex. une pierre, un bateau, des lunettes, un puzzle vide, une perle, un petit sac avec des grains de forment, un lion. Ces différents objets avaient pour but de symboliser les textes bibliques illustrant les différents thèmes retenus PR
Encadré
La Bible en 2’300 langues
|Quelques chiffres: | |environ 5 millions de lettres | |traduite en presque 2’320 langues | |imprimée et répandue chaque année par | |l’Alliance biblique universelle en 20 | |millions Bibles et 22 millions Nouveau | |Testament | |vendue en Suisse chaque année à près de | |60’000 exemplaires |
Le mot Bible vient du grec et signifie livres.
Dans la Bible se cache ainsi une bibliothèque qui est le fruit d’une période de plus de mille ans. En elle se cristallisent les expériences entre l’homme et Dieu dans les situations de vie les plus diverses. Son contenu a été transmis par voie orale et a ainsi parcouru bien des distances. La Bible est en deux parties:
Ancien / Premier Testament (AT) en 39 livres (hébreux/araméen) L’Ancien/Premier Testament est le même pour les Juifs et pour les Chrétiens. Les plus anciens manuscrits sont issus des découvertes de Qumran (1947) et remontent aux environs de 200 av. J.-C. La collection de la Bible hébraïque et araméenne fut définitivement achevée lors d’un synode d’érudits juifs de l’écriture sainte à Jamnia autour de 100 après J.-C. Nouveau Testament/ (NT) en 27 livres (grec) Ces écrits-là sont nés dans les années 50 à 100 après J.-C. L’ensemble de la Bible grecque sous sa forme actuelle fut déclaré officiel par l’ancienne Eglise au 4ème siècle après Jésus Christ.
Traductions
Très tôt, la Bible fut traduite dans d’autres langues:
aux environs de 200 av. J.-C.: traduction de l’Ancien/Premier Testament dans la langue grecque (septante).
Autour de 400 après J.-C. il existait déjà des traductions en différentes langues: syrien, copte, gothique, arménien, géorgien, arabe. La traduction biblique la plus répandue chez nous est celle en latin de Jérôme (autour de 400 ans après Jésus Christ). En Europe, à partir du 16ème siècle (temps de la réformation), la Bible fut traduite en bon nombre de langues nationales p.ex. en allemand, français, italien, romanche, espagnol, anglais. PR
Encadré:
Responsables de l’Année de la Bible en Suisse
Adoptée par les principales Eglises chrétiennes d’Allemagne, de France, d’Autriche et de Suisse, l’Année de la Bible a été lancée et soutenue en Suisse par : la Communauté de travail des Eglises chrétiennes en Suisse (CTEC-CH), qui regroupe les Eglises protestantes, catholique, catholique chrétienne, orthodoxes, évangéliques-luthériennes, baptistes, évangélique- méthodiste, et l’Armée du Salut.
La Société biblique suisse, basée à Bienne.
L’Association Biblique Catholique (ABC), basée à Fribourg.
L’oeuvre catholique biblique suisse (Schweizerisches Katholisches Bibelwerk), basée à Zurich. BB
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