Rome: Le vice-président américain Dick Cheney sera reçu par le pape le 27 janvier
Rome, 26 janvier 2004 (Apic) Le vice-président américain Dick Cheney, en visite à Rome, rencontrera Jean Paul II mardi 27 janvier 2004 dans la matinée. Après le forum économique mondial de Davos, il a en effet souhaité venir s’entretenir avec le président italien, puis avec le pape. Le Rôle de l’ONU et la guerre en Irak pourraient figurer au centre de l’entretien.
A la veille de cette audience, la cardinal émérite Pio Laghi rappelle dans un entretien au « Corriere della Sera », les « collaborations positives » qui ont jalonné les rapports entres les deux Etats, malgré les nombreux obstacles rencontrés.
Pour le cardinal qui fut pendant dix ans le représentant diplomatique du Saint-Siège à Washington DC, les vingt ans d’échange diplomatique entre les Etats-Unis et le Saint-Siège « ont été intenses et certainement utiles, même si les difficultés n’ont pas manqué ». « Six ambassadeurs américains sont venus ici, tous catholiques, alors que trois représentants du Saint- Siège ont été nonces apostoliques » depuis l’établissement des relations diplomatiques en 1984.
Ombres: il y a eu « de grandes divergences de vue » sur les guerres du Golfe et au Kosovo, ainsi que sur la personne de Saddam Hussein », rappelle- t-il.
Les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et le Saint-Siège sont arrivées tardivement, en raison du préjudice anti-catholique bien enraciné dans l’histoire américaine, explique celui qui fut le nonce apostolique dans la capitale américaine de 1984 à 1990.
Pour lui, ce sont « le rôle croissant des catholiques dans la société, le caractère innovant du Concile Vatican II, la présidence Kennedy, la visite aux Etats-Unis de Paul VI » qui ont progressivement réduit progressivement les réticences du peuple américain vis-à-vis du Saint- Siège. Mais « le facteur décisif dans la décision de l’ouverture de relations diplomatiques entre les deux Etats, à ses yeux, a été le président Reagan.
La question du communisme comme lien commun
Les relations diplomatiques commencèrent officiellement par la nomination d’un « délégué apostolique » en la personne du cardinal Pio Laghi, en 1980, qui devint nonce apostolique le 10 janvier 1984. A l’époque, « les intérêts convergeaient », autour de la lutte contre le bloc communiste. « Il y avait une consultation réciproque continue; les relations diplomatiques permettaient à la maison blanche d’avoir une prise directe sur la pensée du Saint-Siège », continue le cardinal italien.
Sur la question de la guerre en Irak, le cardinal émérite rappelle qu’il a eu la mission d’exposer au président Bush la contrariété du Saint- Siège, due à la conviction que toutes les possibilités alternatives avec le but de ne pas endommager les rapports avec le monde musulman, n’avaient peut-être pas été explorées. Il déplore que ses arguments n’ont pas été retenus.
« En cohérence avec cette position, nous soutenons aujourd’hui la nécessité de reconduire l’après-guerre dans le cadre du droit international et des institutions internationales ». Une position qui tranche avec celle de Dick Cheney, à la vice-présidence américaine depuis 2001, selon qui les Nations Unies, « qui ont près de soixante ans, ne sont plus en ligne avec le monde actuel parce que les forces n’y sont plus représentées adéquatement ».
La dernière visite d’un membre du gouvernement américain à Jean Paul II remonte au 2 juin 2003. Colin Powell, secrétaire d’Etat, était alors intervenu sur le thème de la reconstruction matérielle et morale de l’Irak ainsi sur le processus de paix au Proche-Orient et sur la lutte contre les épidémies en Afrique. (apic/imedia/pr)
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