Zimbabwe: Un évêque anglican exhorte les électeurs à éviter les partis prônant la violence
Harare, 29 janvier 2004 (Apic) Le président du Conseil des Eglises du Zimbabwe, l’évêque anglican Sebastian Bakare, a lancé une campagne de sensibilisation auprès des électeurs et exhorté les Zimbabwéens à éviter les partis politiques qui pourraient recourir à la violence pour gagner des voix aux prochaines élections.
«Les électeurs ne devraient pas récompenser la violence en votant pour un parti politique qui la prône, que ce parti soit au pouvoir ou dans l’opposition», a déclaré l’évêque Bakare le dernier week-end. L’agence oecuménique ENI rappelle que les groupes de défense des droits de la personne déplorent que les élections aient été marquées par la violence et l’intimidation, souvent perpétrées par des partisans du l’Union nationale africaine du Zimbabwe – Front patriotique (ZANU-PF), parti au pouvoir.
Les élections législatives au Zimbabwe se dérouleront au début de l’année prochaine mais une élection partielle devrait avoir lieu début février, pour repourvoir un siège vacant au parlement, depuis la mort du vice- président Simon Muzenda. Les médias ont fait état d’actes de violence qui auraient été commis durant cette période pré-électorale par des partisans du ZANU-PF, contre des personnes suspectées de soutenir le parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC).
Pour l’évêque Bakare, la campagne de sensibilisation ne vise pas à influencer les électeurs ni à les persuader de voter pour ou contre un parti ou une personne en particulier. Il a précisé: «Les électeurs devraient savoir que par leur vote, ils ont le pouvoir de se libérer de la violence, de la tyrannie, de l’oppression et de la faim». L’évêque anglican a notamment été à la tête d’une initiative, lancée par des responsables religieux zimbabwéens, pour instaurer un dialogue entre la ZANU-PF et le MDC.
En 2000, Certains candidats de l’opposition battus aux élections parlementaires, ont remis à la Haute Cour du Zimbabwe une pétition demandant l’annulation des résultats, invoquant les violences. Quant au leader du MDC, Morgan Tsvangirai, il a demandé à la Haute Cour d’annuler les résultats de l’élection présidentielle remportée par Robert Mugabe en 2002, pour cause de violence et d’intimidation.
En septembre 2003, Amnesty International a condamné énergiquement la vague d’actes de violence commis contre des opposants avérés ou supposés, à l’approche des élections municipales qui devaient se dérouler dans le pays les 28 et 29 septembre. «Les actes d’intimidation et les manoeuvres de harcèlement contre le parti d’opposition MDC, Mouvement pour le changement démocratique, se multiplient», dénonçait Amnesty. Une fois encore, les adversaires du gouvernement sont les cibles d’une véritable campagne de violences», a déploré l’organisation internationale de défense des droits de l’homme. (apic/eni/vb)
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