Débat lors du séminaire « Hommes et femmes »
Rome, 2 février 2004 (Apic) Le Conseil pontifical pour les laïcs est aujourd’hui confronté à « une forte crise de l’identité féminine et masculine », estime Lucienne Sallé, membre de ce Conseil.
« Nous nous trouvons devant une forte crise de l’identité féminine et masculine; nous sommes arrivés au point de considérer la personne comme asexuée », écrit Lucienne Sallé, membre du Conseil pontifical pour les laïcs, dans un compte-rendu du séminaire « Hommes et femmes: diversité et complémentarité réciproque », organisé les 30 et 31 janvier 2004 au Vatican.
« La culture moderne, l’individualisme, les conséquences de la révolution industrielle, les découvertes de la génétique, les mouvements féministes ont radicalement changé la façon de concevoir l’identité de l’homme et de la femme, ainsi que leur rôle dans la société », explique-t- elle dans ses notes du 2 février qui retracent les grandes lignes des deux jours de conférences.
Pour elle, comme pour les participants au séminaire, « on est passé d’une situation dans laquelle les rôles étaient différents et complémentaires – notamment dans la division des tâches – à une situation de compétition ». Il en résulte que « le rôle féminin se calque sur le rôle masculin, ce qui suppose le refus de tout ce qui est lié à l’identité féminine ».
Face à cette crise identitaire, qui permet par exemple qu’ »une femme d’un couple gay puisse revendiquer le rôle de père », les participants au séminaire ont insisté sur « l’urgence de promouvoir une compréhension plus profonde de la personne humaine, qui est aujourd’hui remise en question ».
C’est d’une analyse anthropologique, et pas seulement socio- culturelle de l’identité et du rôle de l’être humain, que les participants au séminaire sont partis. Pour eux, si la culture chrétienne peut revendiquer une vraie parité entre la femme et l’homme, « parité ne signifie pas égalité ». Parité signifie à leurs yeux « affirmation des rôles différenciant l’homme de la femme », les rendant tous deux complémentaires, et leur « faisant mériter leur dignité ».
Laïcs masculins absents
Les intervenants on par ailleurs abordé la thématique importante de « la figure du père », actuellement « en crise ». Pour eux, en effet, l’homme d’aujourd’hui a de grandes difficultés à affirmer son identité propre. De plus, ils ont constaté que les laïcs de sexe masculin étaient absents dans la vie de l’Eglise. Ces phénomènes qui relèvent pour eux, de raisons philosophiques et culturelles, sont aggravés par la société de consommation et les nouvelles conditions de travail qui éloignent toujours plus les pères de leur propre famille. « Il est urgent, ont-il dit, de redéfinir le rôle et la mission de l’homme dans l’Eglise et dans la société ». (apic/imedia/pr)
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