Genève: Poursuite de la campagne choc lancée par l’Eglise catholique en 2002
Genève, 3 février 2004 (Apic) « Jésus n’est pas un footballeur brésilien ». Les nouveaux slogans publicitaires de l’Eglise catholique romaine de Genève, à l’instar de celui-ci, devraient faire mouche. Tout autant que ceux qui inauguraient la campagne choc d’il y a deux ans: « En 2016, il n’y aura peut-être plus de prêtres à Genève et votre Eglise aura été transformée en disco ». L’Eglise catholique de Genève récoltait alors 6,5 millions de dons. Qu’en sera-t-il cette année? « Les dons sont vitaux pour une Eglise sans aucun soutien de l’Etat », a rappelé Mgr Pierre Farine.
L’Eglise catholique romaine genevoise a enregistré une hausse de dons de 37% en 2002, par rapport à l’encaissement réalisé en 2001. La campagne de publicité de 2002, très directe et pugnace avait étonné, voire choqué, mais les résultats sont là. Pour 2003, on s’attend également à un montant de dons comparables à l’année précédente.
« En 2016, il n’y aura peut-être plus de prêtres à Genève pour célébrer les mariages. Mais c’est pas grave, votre église aura de toute façon été transformée en disco ». Voilà la teneur du message véhiculé par la campagne d’octobre 2002, a rappelé Mgr Farine.
A cette époque, a-t-il poursuivi, « nous nous demandions comment on allait pouvoir continuer ». Les Eglises genevoises ne dépendent en effet que des contributions volontaires de ses seuls fidèles et ne reçoivent aucune subvention de l’Etat. « On a pu assimiler notre position à un chantage: Ou bien vous payez ou bien on ferme. Un certain nombre de gens se sont dit: notre Eglise sort de sa tour d’ivoire et en appelle directement à ses fidèles. Au moins, chacun a eu devant ses yeux la clarté des enjeux. ’On ne savait pas’, ont dit de nombreuses personnes en découvrant la campagne d’information de notre Eglise ». Cette clarté, a poursuivi Mgr Farine, est nécessaire, car 50% de catholiques qui habitent Genève sont étrangers ou Confédérés, « donc ne réalisent pas forcément que l’Eglise ne vit que de contributions volontaires des fidèles ».
La situation de l’Eglise catholique romaine de Genève est en déficit chronique de 100’ 000 à 500’000 francs annuellement depuis une dizaine d’années, précise le secrétaire général de l’Eglise catholique romaine, Pierre Regad.
Chiffres 2003 prometteurs
Pour l’exercice 2003, les chiffres ne sont pas encore tous connus car on attend le montant des contributions ecclésiastiques versées par le canal fiscal par l’Etat de Genève. Mais le secrétaire général estime qu’elles se monteront à plus de 5 millions, dont 3, 7 millions ont été versés directement au vicariat par 7007 donateurs. L’an dernier, les dons et contributions ecclésiastiques se montaient à 6,5 millions, un record.
« C’est un soulagement immense », s’est exclamé Mgr Pierre Farine, qui a remercié « tous ceux qui ont pris leur responsabilité et ont permis à l’Eglise de poursuivre sa mission ». Sans céder à l’euphorie, a-t-il poursuivi, « il faut dorénavant maintenir la pression ».
Il a présenté les axes de la nouvelle campagne de publicité, confiée au même bureau de communication. Un « tous ménages » parviendra aux foyers catholiques du canton, soit 135’000 exemplaires, qu’on trouvera aussi dans les paroisses et dans les transports publics. En tout 195’000 personnes seront touchées.
L’envoi postal inclut le 2è numéro de ECRinfo, une Lettre d’information qualifiée d »instrument de dialogue avec les catholiques genevois » et le dépliant d’appel financier. Une campagne d’affichage sur les trams et les bus interpellera les passants, avec par exemple l’affiche: « Afin que vos enfants ne croient jamais que Jésus est uniquement le prénom d’un footballeur brésilien, n’oubliez pas votre contribution ecclésiastique! »
Au moment de la déclaration d’impôt
C’est donc au moment où les Genevois vont recevoir leur déclaration d’impôt qu’ils recevront ECRinfo, dont l’édito insiste sur deux temps forts: l’un « spirituel, le Carême et la montée vers Pâques » et l’autre « matériel, avec la déclaration d’impôt, « événement bien profane » mais, écrit le secrétaire général de l’Eglise catholique romaine, « l’occasion de rappeler que nous sommes chrétiens et que notre Eglise a besoin de nous ». Les catholiques sont incités à mettre une croix dans la case religion de leur déclaration ou à utiliser le bulletin joint à la lettre d’accompagnement. La campagne 2004 de l’Eglise catholique romaine de Genève compte toujours, en outre, sur les sachets de sucre « Eglise Catholique Romaine », avec au dos un numéro payant. Le simple fait d’appeler débouche sur un don de 2fr.80. Il n’y a pas de petit don pour l’Eglise catholique genevoise.
Revenu des prêtres: même salaire réel
Abordant ensuite le sujet des salaires des prêtres et agents pastoraux, Mgr Farine a tenu à « dissiper un malentendu ». Certains journaux ont annoncé, a- t-il déclaré, que « nous avions augmenté le salaire des prêtres et autres agents pastoraux qui, de 2’935 francs par mois (évêque compris) a passé à 5’000 francs par mois au 1er janvier 2004 ». Devant l’étonnement suscité par « ces largesses », Mgr Farine tient à préciser que le niveau de vie réel du clergé n’a pas augmenté. Mais que jusqu’ici les prêtres étaient logés par l’Eglise, et touchaient un salaire très bas, destiné à couvrir leurs frais de nourriture, de vêtements, de santé et loisirs. Ce système générant une « grave inégalité » en matière d’AVS et de 2è pilier, les cotisations, si modestes, ne permettant pas de toucher à la retraite une rente complète, il a été révisé. Dorénavant a expliqué Mgr Farine, « nos prêtres touchent un salaire plus élevé mais doivent aussi payer un loyer et des impôts plus importants, donc leur salaire réel est identique ». VB
Encadré
L’art de la communication
Quand l’Eglise catholique communique, elle fait du bien à toutes les Eglises. Cette phrase lancée par le jeune directeur du Bureau de communication en charge de l’Eglise catholique est partagée par Mgr Farine. Mais de là à envisager une campagne commune avec les autres Eglises, il y a un pas que l’on se refuse encore à franchir. Cela ne serait pas forcément productif, pense Mgr Farine. En effet « les campagnes se renforcent l’une l’autre » affirme-t-il.
Le dépliant de l’ECR communique donc que l’Eglise catholique romaine c’est. 195’000 personnes à Genève, 5’700 messes, 567 baptêmes, 88 communions, 950 mariages et 789 enterrements par an. Les affiches que l’on découvrira dans les bus et les trams genevois mettent en parallèle la télé et la réalité d’un sacrement comme le mariage. Exemple: « Afin que vous n’ayez jamais à passer par The Bachelor pour avoir droit à un vrai mariage, n’oubliez pas votre contribution ecclésiastique! » Ou: « Afin que vos enfants n’aient jamais à s’inscrire à la Star Ac’ pour pouvoir célébrer le Seigneur en chanson, n’oubliez pas votre contribution ». Il est vrai que Dieu est un bon sujet de communication et cela ne s’arrête pas aux frontières de la religion catholique. A Neuchâtel, les 3 Eglises nationales, catholique romaine, catholique chrétienne et réformée, se sont unies pour leur campagne de récolte de fonds.
Pour sa campagne de publicité, l’Eglise catholique romaine de Genève met à son budget 600’000 francs en 2004, y compris les coûts de distribution postaux aux ménages. Mais dans le but de ramener le déficit chronique de l’Eglise à zéro, rien n’est trop audacieux! (apic/com/vb)
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