ONG et religieux se mobilisent pour leur réinsertion

Afrique: Les terribles témoignages des enfants-soldats

Monrovia, 8 février 2004 (Apic) Ils avaient les cheveux couleur orange, se faisaient «castrateur» ou «si tu ris je te tue». Ils étaient balafrés de cicatrices de blessures rituelles et portaient des amulettes. Tandis que les garçons combattaient nus pour faire peur à l’ennemi, les fillettes luttaient avec sur elles seuls quelques vêtements de corps pour se sentir magiques et invulnérables.

Ce sont là quelques témoignages recueillis dans un document de l’organisation des droits de l’Homme «Human Rights Watch» (HRW), basés sur des interviews faites directement avec les enfants-soldats en Afrique. Tous les protagonistes de la guerre civile libérienne ont toujours nié avoir engagé des mineurs dans leurs rangs. Selon des estimations de l’ONU, seulement à partir de l’an 2000, l’armée gouvernementale tout comme les deux groupes rebelles ont enlevé et utilisés au moins 15’000 mineurs dans leurs rangs pour faire la guerre. Selon HRW, certains étaient âgés d’à peine 9 ans.

Les récits des enfants et des petits soldats ne sont pas vraiment inédits, hormis pour quelques détails, présentant encore une fois de terribles histoires qui se sont répétées à plusieurs reprises et continuent de se répéter dans divers pays africains, malgré les dénonciations et les actions de la société civile et de nombreuses organisations de volontariat qui tentent de combattre le phénomène et d’en réparer les énormes dégâts humains.

L’engagement des salésiens

Ainsi les Salésiens, qui s’efforcent sérieusement d’aider le Liberia à sortir de la guerre civile, et surtout à mettre fin à l’utilisation des mineurs comme soldats. Le dernier numéro «Don Bosco Link», le bulletin des salésiens, est entièrement axé sur le thème des enfants-soldats. L’éditorial souligne qu’aujourd’hui plus que jamais il faut un «effort commun» entre les diverses organisations religieuses et humanitaires afin de faire sortir le pays du cauchemar de la guerre civile et surtout des ses implications inhumaines pour une grande partie de la population.

L’engagement des salésiens se développe à travers un programme de réhabilitation pour anciens combattants, hors de Monrovia, où est disponible un centre qui accueille 70 personnes, en leur fournissant une expérience de vie communautaire, de solidarité et d’assistance psychologique spécialisée pour les «désintoxiquer» des effets de la guerre.

Une autre institution, le Don Bosco Youth Center, toujours à Monrovia, a accueilli jusqu’ici 1’500 personnes, dont presque 900 femmes, pour un programme de première assistance humanitaire, avec le soutien de la Croix-Rouge Internationale et dans le but de fournir des expériences concrètes de réhabilitation et de réinsertion pour les jeunes, les anciens enfants-soldats. (apic/misna/vd/pr)

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