Séminaire pour deux anniversaires

Rome: Visite au Vatican du ministre des Affaires étrangères d’Iran, Kamal Kharrazi

Rome, 11 février 2004 (Apic) Le pape Jean Paul II recevra jeudi 12 février le ministre des Affaires étrangères d’Iran, Kamal Kharrazi. Une visite qui s’inscrit dans le cadre du 25e anniversaire de la république islamique d’Iran, célébré le 11 février, et le 50e anniversaire de l’ouverture de relations diplomatiques entre le Vatican et l’Iran.

Pour marquer l’événement, un séminaire sur le thème de «l’Iran et le Saint-Siège : passé, présent et futur» se tiendra le 12 février à l’Université pontificale de la Grégorienne, à Rome. Interviendront lors de cette rencontre organisée par l’ambassade de la République islamique près le Saint-Siège, le secrétaire du Vatican pour les relations avec les Etats, Mgr Giovanni Lajolo; le ministre des Affaires étrangères d’Iran, Kamal Kharrazi; l’ambassadeur de ce pays près le Saint-Siège, Mostafa Borujerdi.

Au cours des dernières années, différents rapprochements ont eu lieu entre les deux Etats. En février 2003, le vice-président de l’Assemblée consultative iranienne, Sayyed Mohammed Reza Khatami, avait demandé à rencontrer Jean Paul II pour s’entretenir sur la situation de l’Irak. En décembre 2003, un colloque avait été organisé au Vatican par les Iraniens et le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

Dans un entretien à Radio Vatican en date du 10 février 2004, le Père Justo Lacunza Balda, président de l’Institut pontifical des études arabes et d’islamologie, a expliqué les changements découlant de la proclamation de la République islamique d’Iran. «L’arrivée de l’ayatollah Khomeini a été à l’origine de changements profonds dans les institutions et dans de nombreux aspects sociaux, économiques, culturels et religieux de l’Iran», a- t-il développé. «L’islam devenant la référence autour de laquelle se construisent les identités sociale, culturelle, religieuse et institutionnelle du pays».

Pour le Père Balda, la ligne politique en Iran a «profondément et fondamentalement» changé, puisque le pays est passé «d’un gouvernement sous le sceau de la Perse» à une république islamique. Celle-ci est alors fondée sur le principe du «velayat-efaqih» qui confie au chef religieux le contrôle des lois et des institutions étatiques. «Si le fondamentalisme – en tant que courant – reçoit un grand coup d’accélération avec la révolution, l’ayatollah soutient une autre vision du fondamentalisme : son fondamentalisme ne fait pas seulement référence aux textes, mais il s’intègre également dans l’ordre public, à travers les institutions», a expliqué le président de l’Institut pontifical des études d’arabe et d’islamologie.

A ses yeux, cela pose «un vrai problème». La question alors soulevée aujourd’hui est celle de la compatibilité «du pouvoir politique institutionnel» avec «l’autorité islamico-culturelle» dans la situation contemporaine des Etats nations, a-t-il conclu. (apic/imedia/pr)

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