Rome: Le Saint-Siège invite l’’Iran à coopérer avec les Nations Unies sur le nucléaire
Rome, 13 février 2004 (Apic) Le Saint-Siège a fait part de sa satisfaction à la République islamique d’Iran qui, estime le Vatican, avance en direction d’une «coopération plus complète» avec les Nations Unies et l’AIEA, l’Agence internationale de l’énergie atomique, lors d’un séminaire organisé le 12 février par l’ambassade d’Iran près le Saint-Siège.
Pour célébrer le 50e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et l’Iran, le 2 mai 1953, ce séminaire a réuni en soirée le ministre des Affaires étrangères de la République islamique de l’Iran, Kamal Kharazzi, reçu le matin même au Vatican par Jean Paul II, et le secrétaire du Vatican pour les relations avec les Etats, Mgr Giovanni Lajolo.
«S’armer à tout prix multiplie les causes de conflits et augmente le risque de prolifération des armes», a relevé Mgr Lajolo dans un long discours lu en anglais et traduit simultanément en persan pour son auditoire iranien. Alors que l’Iran fait l’objet, avec la Libye, d’une surveillance particulière de l’AIEA sur son programme atomique, «le Saint- Siège observe avec espoir et satisfaction la collaboration plus complète que l’Iran, au nom de la paix, offre dans ce domaine aux Nations Unies et à ses agences», a-t-il ajouté.
«Le Saint-Siège a toujours encouragé les efforts entrepris pour atteindre un désarmement effectif qui va bien au-delà de la dissuasion basée sur un équilibre de la terreur», a par ailleurs souligné Mgr Lajolo, rappelant que le Saint-Siège a été un des premiers à signer le Traité de non-prolifération du nucléaire en 1971 et, par la suite, le traité de 1993 contre la production, le développement et l¹utilisation d¹armes chimiques.
Pour le Saint-Siège, l’utilisation des armes de destruction massive apporte bien plus de mal, en souffrances et destructions, que le mal à éliminer, a expliqué le ministre des Affaires étrangères du Vatican. «Il ne faut en outre pas oublier, a-t-il poursuivi, que la course aux armements, loin d¹éliminer les causes des guerres, risque de les aggraver».
Le prélat du Vatican avait auparavant souligné l’engagement du Saint- Siège à défendre sans cesse les droits de l¹homme, dont le droit à la liberté de conscience et de religion, «pas seulement la liberté de pratiquer sa foi mais aussi la possibilité, pour les croyants, de participer à la vie sociale et politique du pays dont ils sont les citoyens».
Lien profond
Ce séminaire a débuté par la lecture d’un message du président iranien, Seyyed Mohammad Khatami, spécialement rédigé pour l’occasion. Lu par l’ambassadeur d’Iran, Mostafa Borujerdi, le président iranien a tenu à souligner «le lien profond» qui existe entre l’Iran et le Saint-Siège et leur «regard commun sur le monde contemporain». Pour la plus haute autorité politique iranienne, quatre points de collaboration existent entre les deux Etats: «une vision positive de la religiosité, l’insistance sur la nécessité d’une fidélité aux valeurs spirituelles et morales, l’engagement pour instaurer une paix fondée sur la justice dans le monde entier, et la lutte idéologique contres les conceptions athée et matérialistes».
Le président Khatami a par ailleurs insisté sur le rôle des religions. «Dans les conditions actuelles mondiales, il n’y a aucun doute sur le fait que la présence spirituelle des religions sera capable de faire contraste avec les difficultés qui pèsent aujourd’hui sur l’humanité».
Quant au message du pape, rédigé également pour l’occasion et lu en anglais, il insiste également sur la coopération que fournit «par excellence» la diplomatie internationale, dans des domaines comme le désarmement, la non-prolifération des armes nucléaires et la bataille continuelle contre le terrorisme. Le pape a encouragé les efforts de l’Iran à ce sujet, demandant également aux autorités iraniennes d¹assurer aux catholiques résidant dans ce pays musulman la liberté de professer leur foi. (apic/imedia/pr)
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