Rome: Jean Paul II met en évidence la malaise de la jeunesse en France
Rome, 15 février 2004 (Apic) Jean Paul II s’est adressé le soir du 13 février aux évêques français de la province de Poitiers et de Bordeaux en visite Ad limina. Le pape a mis en évidence l’important malaise marquant la jeunesse actuelle et a invité en particulier les congrégations religieuses à ne pas abandonner le champ éducatif.
De son côté, Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques de France, tout en reconnaissant « des ombres incontestables », a souhaité mettre en valeur les signes « prometteurs pour l’avenir ».
Jean Paul II a encouragé, dans le cadre de la pastorale des jeunes, le développement des « nouvelles technologies de la communication ». Même si ces instruments créent « une culture de l’immédiat qui n’est pas toujours favorable à l’approfondissement, ni à la maturation intérieure ou au discernement moral », ils ont aussi « un intérêt que nul ne peut nier », notamment « pour servir l’Evangile et pour nourrir le dialogue et la communication ».
Diminution grave du sens moral
Le pape a en outre souligné la « diminution grave du sens moral qui conduit à penser qu’il n’y a plus ni bien ni mal objectif » ainsi que « les situations sociales de violence, qui font naître des tensions importantes ». Il a encore relevé l’accroissement des comportements suicidaires, l’usage des drogues, la montée du chômage et une attitude des jeunes donnant l’impression qu’ils sont entrés « trop tôt dans la vie adulte (.) et n’ont pas eu le temps de la maturation physique, intellectuelle, affective et morale ».
Après avoir dressé ce panorama, le souverain pontife a invité les évêques, malgré leurs faibles moyens, à ne pas ménager leurs efforts dans le domaine éducatif en profitant de l’héritage des communautés chrétiennes françaises où « de grandes figures d’éducateurs, prêtres, religieux et religieuses, laïcs ont su, à leur époque, inventer des pédagogies adaptées ». Il a, en particulier, appelé « les communautés religieuses qui ont ce charisme à ne pas déserter le monde de l’éducation scolaire ou périscolaire, car c’est là que, par excellence, on peut rejoindre les jeunes ».
Abordant la question de « l’enseignement du Magistère » transmis aux jeunes dans les écoles catholiques, le pape a souligné que « la présence d’enfants non catholiques ne doit pas être un obstacle à cette démarche ». Il a encore affirmé que la pastorale des jeunes requiert des accompagnateurs persévérants, attentifs et inventifs et a souligné aux évêques qu’ils devaient détacher « des prêtres de qualité ayant une bonne formation et une vie spirituelle et morale à toute épreuve ».
Evoquant la mission de ceux qui oeuvrent auprès des jeunes, Jean Paul II leur a affirmé: « Je sais que leur tâche est rude et parfois aride, les résultats ne semblant pas toujours à la hauteur des effort déployés ; qu’ils ne se découragent pas car nul ne connaît le secret du coeur des jeunes ! »
Mgr Ricard souligne la soif spirituelle des jeunes
Quant à Mgr Jean-Pierre Ricard, sans cacher « l’existence d’ombres incontestables », il a mis en lumière « les conversions et les baptêmes d’adultes en plus grand nombre, une soif spirituelle (.) des jeunes disponibles et en attente (.) une parole publique de l’Eglise plus attendue qu’on ne croit » ou encore « un investissement de beaucoup de chrétiens dans des actions de charité et de solidarité ».
Il a encore souligné les quatre grandes préoccupations qui orientent la pastorale des jeunes, à savoir « s’enraciner plus profondément dans le don de Dieu », « relever le défi de l’évangélisation », « permettre un dynamisme apostolique renouvelé à nos communautés paroissiales », et « soutenir les prêtres et appeler avec conviction au ministère presbytéral ». (apic/imedia/bb)
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