Ouganda: Pour l’archevêque de Gulu, le chemin vers la paix n’est pas impossible
Gulu, 17 février 2004 (Apic) Mgr John Baptist Odama, archevêque de Gulu, lance un nouvel appel après 20 ans de guerre dans le nord de l’Ouganda. Le chemin vers la paix est difficile, mais pas impossible, estime-t-il dans une déclaration à l’agence catholique Misna.
«C’en est assez de la guerre dans le nord de l’Ouganda! Après presque 20 ans de tourments inutiles, penser résoudre la crise avec l’option belliqueuse signifie continuer à perdre du temps». C’est ce qu’a déclaré le 17 février à Misna Mgr John Baptist Odama, par ailleurs président de l’ARLPI (Acholi Religious Leaders Peace Initiative). Selon le prélat, il est nécessaire de former une plateforme de négociations avec l’implication directe des autorités ougandaises et de tous les gouvernements en mesure de promouvoir et de faciliter le processus de réconciliation nationale avec les rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony.
Le Soudan doit rendre des comptes
L’archevêque de Gulu appelle à une implication directe dans le dialogue des autorités soudanaises, qui ont soutenu pendant des années les rebelles. «Il faut tout faire pour que cessent les atrocités et les massacres», a expliqué le prélat en précisant cependant que dans l’attente d’un cessez-le-feu, il est indispensable de garantir la sécurité des civils et l’approvisionnement des denrées alimentaires et des médicaments dans les zones de guerre du nord de l’Ouganda.
Mgr Odama a ensuite invité la communauté internationale à surveiller les violences continues des droits de l’Homme, en mettant en évidence le phénomène des enlèvements d’enfants utilisés comme soldats, en particulier dans les districts de Gulu, Kitgum, Pader et Lira. Le prélat a ensuite lancé un appel afin que les mineurs qui ont pris part au conflit puissent rentrer dans des centres appropriés de rééducation.
Le président de l’ARLPI a également demandé que les affaires nord ougandaises soient insérées dans l’agenda du Conseil de sécurité des Nations Unies. «Ce qui se passe dans le nord de l’Ouganda ne peut pas être considéré comme une question interne, marginale et périphérique. C’est un drame qui interpelle tout le monde: les Ougandais, les Africains, le monde entier!», a conclu le prélat. (apic/misna/bb)
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