Le bilan ne cesse de s’aggraver, indique le missionnaire-témoin

Ouganda: Massacre au camp de réfugiés de Barlonyo

Lira, 23 février 2004 (Apic) Le bilan du massacre perpétré samedi soir par les rebelles de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) dans le camp de réfugiés de Barlonyo, à 25 kilomètres au nord-est de Lira, dans le nord de l’Ouganda, ne cesse de s’aggraver. Selon l’Agence missionnaire Misna, le nombre de morts s’élève à 213. L’attaque a duré trois heures, a confirmé sur place Sebhat Ayele, missionnaire catholique.

Une quarantaine de corps auraient été retrouvés dimanche, jonchant au sol, à trois kilomètres de distance du camp de réfugiés, portant ainsi le bilan à 213 victimes, en majorité des femmes, des enfants et des personnes âgées, précise Misna.

« Je viens de m’y rendre et j’ai pu m’assurer que 200 personnes ont été tuées, dont 57 ont déjà été enterrées alors que d’autres brûlent toujours dans leur maison », devait témoigner dans un premier temps le missionnaire. Une information relayée ensuite par un porte-parole de l’armée, Shaban Bantariza.

Les derniers cadavres ont été retrouvés par des personnes qui se sont rendues dimanche dans le courant de la journée dans la zone du massacre. La nouvelle, parvenue au Père Sebhat Ayele, missionnaire, secrétaire et porte- parole du « Lango religious leaders forum » (LRLF), a été rapportée à l’Agence MISNA par le combonien, premier à arriver sur le lieu du massacre.

« Nous sommes abandonnés par la communauté internationale », s’insurge le religieux, soulignant que si le nombre de victimes devait être confirmé, il s’agira à Barlonyo du pire massacre perpétré par les rebelles de la LRA. Le raid a également provoqué environ 70 blessés, actuellement hospitalisés dans une structure publique de Lira ou à l’Ogur health centre.

Rayé de la carte du monde

Samedi soir, après avoir bombardé le campement avec des tirs de mortier et des lance-roquettes de type RPG, les hommes de la LRA ont incendié plus de 500 cabanes, dans nombre desquelles les réfugiés s’étaient enfermés pour se mettre à l’abri. Selon les premières évaluations sur la base des témoignages recueillis, l’attaque a été commise par les hommes de Vincent Otti, bras droit de Joseph Kony, chef de la rébellion qui, depuis la fin des années 80, ensanglante les districts du nord de l’Ouganda.

« Nous nous sentons trahis et incompris », commente aujourd’hui le Père Sebhat. Avec d’autres missionnaires locaux, il tente depuis des années d’attirer l’attention de la communauté internationale sur un conflit qui a déjà décimé des dizaines de milliers d’innocents. « Les gens sont désespérés. Ils nous ont oublié: c’est comme si nous ne faisions pas partie de l’humanité », lance, dépité, le missionnaire. (apic/misna/pr)

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