Il espère que le ton polémique contre les catholiques s’apaisera
Rome, 24 février 2004 (Apic) Le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, s’est déclaré «satisfait» de son séjour à Moscou, où il a rencontré dimanche le patriarche Alexis II, chef de l’Eglise orthodoxe russe. Le cardinal Kasper a toutefois reconnu que la venue du pape en Russie, souhaitée depuis longtemps par ce dernier, restait prématurée.
L’avenir proche dira si une «collaboration sérieuse» avec l’Eglise orthodoxe est possible, a-t-il déclaré lundi sur les ondes de Radio Vatican. «Je suis satisfait parce que la rencontre (avec Alexis II) a eu lieu», a affirmé le cardinal allemand. En effet, en raison de l’absence du patriarche de Moscou pour des raisons de santé, il n’était pas sûr que cette rencontre espérée depuis longtemps par les catholiques se réalise.
Au début de l’entretien, le patriarche a répété «les arguments connus depuis des années», a continué le cardinal Kasper, faisant référence aux accusations de prosélytisme lancées régulièrement contre l’Eglise catholique par les orthodoxes russes. Ces accusations se sont encore accentuées depuis 2002, date de la création de quatre diocèses catholiques dans la Fédération de Russie.
L’avenir dira si une collaboration sérieuse est possible
Le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens avait, quant à lui, immédiatement remis le message de Jean Paul II à Alexis II, à l’occasion de son 75ème anniversaire, fêté le 23 février. «Dans un second temps, nous avons eu un échange d’opinions sur des thèmes variés. J’espère que cela sera utile. On verra dans un futur proche si le ton de la polémique se calmera, et si nous parviendrons à dialoguer sérieusement et à collaborer vraiment», a-t-il poursuivi.
Le cardinal allemand s’est dit «avoir été plus satisfait des rencontres précédant celle-ci». Il avait notamment rencontré le deuxième responsable hiérarchique de l’Eglise orthodoxe russe, le métropolite Kirill, le 21 février 2004. Mais il pense qu’elle a été «un premier pas». La rencontre a notamment porté sur les préoccupations communes aux deux Eglises, concernant la défense et la promotion des valeurs chrétiennes dans le contexte de la construction de l’Europe, thème sur lequel le patriarche s’est montré particulièrement sensible.
La page est-elle vraiment tournée ?
Pour le cardinal, «seul l’avenir proche» permettra donc de juger de cette rencontre, qui a eu lieu un jour plus tôt que prévu. Suite à sa rencontre du jeudi 19 février avec le métropolite Kirill, le cardinal allemand s’était montré optimiste dans l’évolution des rapports entre les deux Eglises. Dans une interview à Radio Vatican accordée le 21 février, il avait affirmé avoir l’impression qu’»une page était tournée».
«Maintenant nous pouvons entrer dans l’avenir, celui d’un avenir meilleur», avait-il alors expliqué. «C’est également l’impression qu’ont eue les orthodoxes que nous avons rencontrés. Eux aussi ont semblé très contents de ces rencontres», avait-il ajouté. Les deux parties s’étaient mises d’accord sur le rétablissement d’une commission mixte, composée d’orthodoxes et de catholiques, pour étudier et trouver des solutions aux points d’achoppement entre l’Eglise orthodoxe russe et l’Eglise catholique.
Au Vatican, on affirme que s’il était décidé de l’établissement d’un patriarcat grec-catholique en Ukraine, cela provoquerait de graves troubles dans les relations oecuméniques, jusqu’à briser tout contact avec les Eglises orthodoxes. En revanche, l’on compte beaucoup sur l’activité de la commission mixte pour résoudre les problèmes les plus saillants entre les catholiques et les orthodoxes, notamment la question du patriarcat ukrainien. Celle-ci devrait être débattue au sein de ladite commission.
La venue du pape en Russie reste prématurée
Le cardinal Kasper a par ailleurs reconnu que la venue du pape en Russie, souhaitée depuis longtemps par ce dernier, restait prématurée. «Le pape a très envie de venir en Russie, mais nous ne pouvons faire cela contre la volonté de l’Eglise orthodoxe russe. Cette question doit être réglée avec le patriarche de Moscou», a-t-il affirmé à des agences de presse russes avant de quitter le sol russe pour retrouver le Vatican, le 23 février. (apic/imedia/be)
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