Un film « puissant », à voir sans tomber dans l’antisémitisme
Chicago, 24 février 2004 (Apic) A la veille de la première sortie de « La Passion du Christ » dans plusieurs milliers de salles de cinéma aux Etats- Unis, le cardinal Francis George, archevêque de Chicago, a émis un jugement positif sur le film controversé de Mel Gibson. Il l’a qualifié de film « puissant », à voir sans tomber dans l’antisémitisme. Il invite ainsi les fidèles à se rendre au cinéma, en espérant que ce film « ne nuira pas aux relations interreligieuses ».
Le cardinal George, un religieux de la congrégation des Oblats de Marie Immaculée, s’est à son tour lancé dans le débat passionnel qui s’est ouvert aux Etats-Unis suite aux accusations d’antisémitisme lancées par de puissantes organisations juives américaines.
Dans une interview, publiée sur le site internet des Dominicains américains, le cardinal George souligne que « les images sont tellement fortes, tellement puissantes, que l’imagination elle-même en est modifiée. Et l’on peut vivre maintenant en ayant dans l’esprit de nouvelles images de la Passion ».
Dans l’archidiocèse de Chicago, un prêtre qui possède une grande expérience dans le domaine cinématographique a envoyé aux paroisses un matériel avec les informations sur le film et des conseils pratiques pour assister à la projection en y participant. « J’ai envoyé le matériel à Rome et à la Conférence épiscopale. Il contient des explications sur la manière d’interpréter l’histoire de la Passion selon l’Evangile. Ainsi, je voudrais encourager les gens à voir le film », précise le cardinal George. Qui reconnaît la nécessité de prendre en considération la controverse sur l’antisémitisme, qui a suscité la polémique à travers le pays depuis quelques temps.
Les tortures infligées à Jésus-Christ sont attribuées aux Romains
Le cardinal américain remarque que bien que toutes les tortures infligées à Jésus-Christ soient attribuées aux Romains, il est indéniable que la condamnation est attribuée à quelques-uns des chefs juifs de l’époque, même si Jésus avait aussi bien des ennemis que des amis parmi son peuple.
Ces éléments devraient aider à surmonter la controverse sur l’antisémitisme et permettre « de penser à la façon dont un juif pourrait voir le film », car « nous avons là un aspect important de la vie communautaire: nous faire comprendre et intérioriser les réactions des autres, qu’ils soient juifs au athées, protestants ou même hindous. Nous cherchons à vivre ensemble ». A ses yeux, il s’agit là précisément du « défi » lancé par le film. (apic/vid/be)
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