Genève: Le Prix Niwano décerné à des leaders religieux de la région Acholi en Ouganda
Genève, 25 février 2004 (Apic) Le Prix Niwano 2004 a été décerné à des leaders religieux de la région Acholi en Ouganda, indique la Fondation.
La fondation Niwano du Japon a annoncé le 25 février que le Prix de la paix Niwano sera décerné pour la première fois à un groupe africain, l »’Initiative de paix des leaders religieux de la région Acholi », qui s’ »efforce de promouvoir la justice sociale et de mettre fin au conflit qui déchire le nord de l’Ouganda ».
Le Prix de la paix – 20 millions de yen (environ 150’000 euros), est attribué chaque année à des personnes et organisations qui jouent un rôle important dans la promotion de la paix et de la coopération interreligieuse. Ce prix sera remis lors d’une cérémonie qui se déroulera à Tokyo le 11 mai.
L »’Initiative de paix des leaders religieux de la région Acholi » (ARLPI) est une organisation au nord de l’Ouganda au sein de laquelle collaborent des membres de différentes religions, entre autres l’islam et le christianisme (catholiques, orthodoxes et anglicans), indique la Fondation. « Depuis son établissement en 1998, l’organisation recourt à des voies non violentes pour faire cesser le conflit armé, développer les ressources humaines en vue d’instaurer la paix et fournir une assistance aux victimes de la guerre grâce au travail de plus de 400 bénévoles, entre autres des responsables religieux, des membres du personnel, des comités de la paix de divers districts et des militants de la paix », peut-on lire dans le communiqué publié par la Fondation Niwano.
Le cauchemar des civils
Le conflit impliquant la population Acholi dans le nord de l’Ouganda a une nouvelle fois fait la une des journaux le week-end dernier lorsque des rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) ont massacré quelque 200 civils, parmi lesquels des femmes et des enfants, dans le nord du pays. Ces derniers mois, les massacres des rebelles se multiplient dans cette région de l’Ouganda, laissant sur le terrain des dizaines de milliers, dont nombre de femmes et d’enfants.
Mercredi, une manifestation a dégénéré. La police a ouvert le feu sur la foule déchaînée, tandis que les participants lynchaient des membres d’une ethnie rivale. La colère de la population est grande contre le régime du président Yoweri Museveni et son incapacité à mettre fin aux agissements sanglants de la LRA, responsable du massacre de plus de 21’000 civils et autres exactions.
Oublié du pouvoir central
Dans le nord de l’Ouganda, largement oublié par le pouvoir central, la vie est un cauchemar quotidien pour les quelque 1,7 millions d’habitants de la région, dont la moitié vit dans des camps de réfugiés, à la merci des rebelles, comme l’a démontré une nouvelle fois la dernière attaque. Mercredi, des milliers de personnes fatiguées de cette violence impunie ont défilé dans les rues de Lira, pour demander l’intervention des Nations Unies. Des maisons, appartenant aux Acholi, la tribu du nord au sein de laquelle la LRA puise et recrute ses combattants, ont été incendiées.
La LRA est conduite par Joseph Kony, un ancien catéchiste catholique, dont le mouvement tente depuis 1988 de renverser le gouvernement du président Yoweri Museveni,
originaire du sud et ancien combattant de l’Armée nationale de résistance, au pouvoir depuis 1986. Les principaux objectifs de la LRA restent peu clairs, mais ses méthodes – comme l’enlèvement d’enfants enrôlés de force dans le mouvement – sont connues pour leur brutalité.
Lauréats précédents
L »’Initiative de paix des leaders religieux de la région Acholi » a demandé au gouvernement de trouver une forme de négociation avec Joseph Kony pour éviter la guerre. Carlos Rodriguez Soto, un missionnaire catholique travaillant dans le nord et membre de l’Initiative, a été menacé d’expulsion pour ses activités.
La Fondation Niwano a demandé à quelque 1’000 personnes et organisations de plus de 125 pays de proposer des candidats. Les nominations ont ensuite été examinées par dix responsables religieux du monde entier engagés dans des mouvements oeuvrant pour la paix et la coopération interreligieuse.
Parmi les lauréats précédents figurent Philip Potter, ancien secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises; la Communauté de Sant’ Egidio, association catholique de laïcs à Rome; le Congrès musulman mondial; et la Communauté Corrymeela, qui rassemble des protestants et catholiques romains dans l’Irlande du Nord.
La Fondation dispose d’un fonds de 4,1 milliards de yen (presque 30 millions d’euros) qui sert à financer le prix et à promouvoir la recherche, la mise sur pied de conférences et de programmes d’échanges internationaux. (apic/eni/pr)
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