Rome : Les 80 ans d’un des plus vieux amis du pape, le cardinal Andrzej Maria Deskur
Rome, 27 février (Apic) Le cardinal polonais Andrzej Maria Deskur, président émérite du Conseil pontifical des communications sociales, célèbrera dimanche son 80e anniversaire en compagnie de Jean Paul II. Les deux hommes sont connus pour la profonde amitié qui les lie. Le cardinal Deskur ne pourra donc plus voter lors d’un futur conclave.
Andrzej Maria Deskur est l’une des grandes figures du cercle polonais de Jean Paul II, que l’on appelle parfois à Rome « la curie parallèle » ou « la curie polonaise ». Ce personnage, haut en couleur, est l’un des visages familiers dont le pape aime à s’entourer dans l’intimité et lors de son déjeuner dominical.
Le cardinal, qui fête aujourd’hui ses 80 ans, est un ami intime de Karol Wojtyla depuis le séminaire. Alors que le futur Jean Paul II était vice- président de la plus importante organisation étudiante polonaise, la « Bratniak », Andrzej Maria Deskur en présidait la commission juridique, avant de devenir secrétaire général de l’organisation. Karol Wojtyla se reposait parfois sur lui pour trancher certaines questions.
Président du Conseil pontifical des communications sociales
Pie XII nomma Andrzej Maria Deskur à la Secrétairerie d’Etat en 1952, alors qu’il était en exil à Rome. Il sera en charge du sous-secrétariat de la Commission pontificale pour le cinéma, la radio et la télévision qui deviendra en 1964 le Conseil des communications sociales. Un conseil qu’il présidera de 1974 à 1980.
Andrzej Maria Deskur fut tour à tour, secrétaire du bureau préparatoire pour la presse et le spectacle du Concile Vatican II (1960-1962) et expert auprès de la commission conciliaire pour les évêques, le clergé et les laïcs (1962-1965). Il est créé cardinal, en même temps que Paul Poupard, lors du consistoire du 25 mai 1985 et reçoit le titre de Saint-César du Palatin. Il a par ailleurs été l’un des promoteurs de Radio Veritas destinée aux pays d’Asie et d’Océanie.
Joueur de bridge et théologien de haut niveau
L’ami du pape est issu d’une famille d’aristocrates polonais d’origine française. Il a été élevé dans le château de famille près de Kielce, en Pologne, un moment confisqué par les communistes. Théologien de haut niveau, d’une grande aisance mondaine – il parle sans accent français et anglais -, très bon joueur de bridge, à l’esprit vif, il est l’un des hommes les plus informés de la Curie romaine. Il est aussi un des rares à avoir l’honneur de pouvoir appeler le pape sur sa ligne directe.
Lors d’un séjour romain de Mgr Wojtyla, Andrzej Maria Deskur présenta son ami, et ancien condisciple du séminaire, aux milieux romains. « Connais-tu Karol Wojtyla ? » demanda-t-il un jour au jeune chef de la section française de la Secrétairerie d’Etat, Paul Poupard. Réponse négative. « Cela manque à ta culture, viens donc faire sa connaissance devant une pizza ».
Par ses souffrances, il a soutenu le pape et l’Eglise
En 1978, à la veille de la fermeture du conclave, le futur cardinal Deskur fût victime d’une crise cardiaque. Certains racontent que Karol Wojtyla se présenta à la dernière minute à l’entrée de celui-ci, revenant en catastrophe du chevet de son ami hospitalisé à la polyclinique Gemelli de Rome. Paralysé, Andrzej Maria Deskur se déplace depuis lors en fauteuil roulant.
« Il a été d’un grand soutien spirituel pour Jean Paul II, tout au long de son pontificat » a confié il y a quelques jours à l’agence Apic, le cardinal Zenon Grocholewski. Ce cardinal polonais, également membre de la Curie romaine, est convaincu que « en raison de sa maladie qui l’a cloué sur un fauteuil roulant dès le début du pontificat du pape, le cardinal Deskur a participé spirituellement, par ses souffrances, au soutien de l’Eglise toute entière ».
Elu pape, Jean Paul II se rend au chevet de son ami
Le 17 octobre 1978, au lendemain de son élection, Jean Paul II, provoqua un début de panique dans son entourage en décidant de se rendre après le déjeuner auprès de son ami Andrzej Maria Deskur, toujours alité à l’hôpital.
Oubliant de donner sa bénédiction au personnel de la polyclinique, les collaborateurs de Jean Paul II lui rappelèrent son nouveau rôle. « Ils m’apprennent à faire le pape » dit-il pour s’excuser, en riant. C’est un des épisodes les plus fameux du début de son pontificat.
Déjeunant ensemble à 13h chaque dimanche sans exception, le cardinal Deskur et Jean Paul II ont une liberté de ton qui stupéfie toujours : « Je me creuse la tête toute la semaine pour trouver de nouvelles blagues à lui raconter » confiait le cardinal à une journaliste. Ils célèbrent également leurs anniversaires respectifs (le 18 mai, pour Jean Paul II) ainsi que la Saint-Charles (le 4 novembre) fête du pape.
Le menu de ce dimanche sera polonais
Le repas de fête de ce dimanche, préparé par soeur Germana la cuisinière du pape (qui servait auparavant Mgr Deskur) sera polonais et hors de tout protocole.
Souvent le dimanche, le pape reçoit à sa table des amis polonais. Le père Mieczslaw Malinki ou son plus vieil ami, Jerzy Kluger, homme d’affaire, juif polonais, résidant entre Londres et l’Italie, quand il se trouve à Rome. Il reçoit aussi des évêques de passage, des membres du collège polonais de l’Aventin et des membres polonais de la Curie, Mgr Stanislaw Rylko par exemple.
Diminution du nombre des membres du prochain conclave
Avec l’anniversaire du cardinal Piovanelli, archevêque émérite de Florence, le 21 février passé et celui du cardinal Deskur aujourd’hui, la géographie du prochain conclave change une nouvelle fois. Le nombre de cardinaux électeurs est désormais de 127. Quant au collège cardinalice en son ensemble – électeurs et émérites – il compte toujours 192 membres.
Le mois prochain, les cardinaux Jozef Tomko (11 mars), préfet émérite de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples et président du Comité pontifical pour les Congrès eucharistiques internationaux, et Alexandre José Maria dos Santos (18 mars), archevêque émérite de Maputo au Mozambique, fêteront leurs 80 ans. (apic/imedia/lh)
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