Une vocation sincère doit être prise au sérieux

Zurich: Mgr Kurt Koch se dit favorable à l’ordination d’hommes mariés

Zurich, 3 mars 2004 (Apic) Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle, a affirmé lors d’une émission TV qu’il serait favorable à l’accession d’hommes mariés à la prêtrise. Une organisation de l’Eglise catholique au niveau continental conduirait à « un bon équilibre entre l’universalité et le concret de la vie de l’Eglise », a encore soutenu le vice-président de la Conférence épiscopale suisse.

Mgr Koch a été interviewé dimanche 29 février, lors de l’émission « Sternstunde Religion » sur la chaîne suisse alémanique SF DRS, sur la déclaration du synode de Lucerne. Les catholiques de ce canton, qui fait partie du diocèse de Bâle, avaient demandé l’introduction du sacerdoce des femmes et la suppression du célibat obligatoire des prêtres.

L’évêque de Bâle a cité trois parmi les principaux sujets d’inquiétude des croyants: le manque de forces pastorales et principalement de prêtres, la baisse de fréquentation de la messe et la présence des jeunes dans l’Eglise. Il est difficile de donner des réponses claires à ces préoccupations, et encore moins des recettes pour y faire face. Mgr Koch souligne l’importance des rencontres de jeunes, aux niveaux national et international, et le travail accompli par les organisations de jeunesse. Il se dit tout de même préoccupé par les « satisfactions compensatoires », comme la drogue, qui empêchent les jeunes de chercher le sens de la vie là où ils le devraient. Parce qu’ils n’ont pas perçu la transcendance de Dieu, beaucoup se réfugient dans une « transcendance artificielle ».

L’Eglise peut abolir le célibat obligatoire si elle le veut

Interrogé sur les demandes adressées à la conférence des évêques suisses par le synode catholique de Lucerne, Mgr Koch considère le célibat obligatoire comme une « question de discipline », que l’Eglise « peut changer si elle le veut ». L’ordination des femmes, par contre, touche le « domaine de la foi ». Le pape Jean Paul II a expliqué qu’il n’avait pas tout pouvoir pour changer cette tradition. Et par ailleurs, ce n’est pas en Suisse que ces postulats pourraient être adoptés. Des solutions doivent être trouvées au niveau universel.

Le célibat obligatoire des prêtres a été adopté pour l’ensemble de l’Eglise au 12e siècle, rappelle l’évêque de Bâle. Les motifs sociaux qui ont justifié cette mesure, comme les droits de succession, « ne sont plus d’actualité ». La véritable question, aujourd’hui, est: « L’obligation de renoncer au mariage est-elle la seule possibilité d’éprouver s’il s’agit d’une véritable vocation? ». « Un mariage vécu de façon crédible dans la foi chrétienne » constituerait également un signe pour une vocation sacerdotale. « C’est la raison pour laquelle nous devons chercher de nouvelles possibilités de témoigner d’une telle vocation », affirme Mgr Koch.

Ce dernier peut tout à fait imaginer qu’à l’avenir il y ait des prêtres mariés. Seraient alors ordonnés des « viri probati », à savoir « des hommes qui ont fait leurs preuves dans le mariage, dans l’Eglise, au niveau professionnel et dans la société ». Mais une telle introduction ne devrait pas mener à une situation de « prêtrise à deux vitesses », avertit l’évêque. L’Eglise a pour devoir de combler la vie sacramentelle des croyants. Pour Mgr Koch, il est évident que l’eucharistie va au-delà de l’obligation du célibat. Les besoins sacramentels constituent un motif suffisant pour modifier les conditions d’accès à la prêtrise.

La vocation des femmes, une question à prendre au sérieux

Lorsqu’une femme se sent appelée à la prêtrise, il convient de se mettre à son écoute, estime l’évêque de Bâle. Et s’il s’agit d’une véritable vocation, alors l’Esprit saint agira. La question de l’ordination des femmes, pour Mgr Koch, appartient à l’Eglise universelle et ne peut être approfondie que lors d’un concile. Un tel concile aura-t-il lieu? « Oui et non », répond l’évêque. Des questions comme les ministères dans l’Eglise doivent être traités dans leur ensemble. De plus, « réaliser les décisions d’un concile dure 100 ans ».

Entre l’Eglise universelle et l’Eglise locale, il serait utile selon l’évêque de Bâle d’introduire une dimension intermédiaire. Cela pourrait être une organisation de l’Eglise au niveau continental. Si ces Eglises « régionales » disposaient de « davantage de liberté de décision, cela conduirait à un bon équilibre entre la dimension universelle et le concret de la vie de l’Eglise ». (apic/gs/bb)

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