De nombreux enfants se sont volatilités ces derniers temps

Mozambique: Les rumeurs sur un trafic d’organes d’enfants se font plus précises

Nampula, 4 mars 2004 (Apic) Une chose est certaine: ces derniers mois à Nampula de nombreux enfants se sont littéralement volatilisés, rapporte une missionnaire de Nampula, chef-lieu d’une province septentrionale du Mozambique. Une région qui, selon les dénonciations de quelques soeurs catholiques présentes dans la zone, serait l’épicentre d’un trafic international présumé de mineurs et sans doute d’organes. La justice du Mozambique s’interroge, mais constate de fait la disparition d’un grand nombre d’enfants ces derniers temps.

« Quelques personnes fiables ont retrouvé les cadavres des enfants sans organes. Nous ne savons pas ce qui se passe réellement. Il y a encore beaucoup de points d’interrogation mais nous espérons que les autorités fourniront au plus vite des réponses », s’inquiète la missionnaire.

Selon le parquet de Maputo, qui s’exprimait il y a quelques jours sur cette affaire qui commence a faire de gros remous, y compris à l’étranger, d’après les résultats préliminaires des premières enquêtes et analyses, les preuves recueillies sont insuffisantes pour confirmer l’hypothèse d’un trafic d’organes. Il s’interrogeait néanmoins sur l’étrange constat de la disparition d’un nombre si élevé d’enfants au Mozambique sur une période si courte et dans une zone extrêmement circonscrite.

Le procureur de la République, Joaquim Madeira, après avoir critiqué la façon dont les autorités locales de Nampula ont mené les enquêtes ces derniers mois, a souligné que l’enquête indépendante voulue par Maputo continuera.

Des milieux civils et religieux à Nampula ont critiqué il y a quelques jours les conclusions du parquet car elles dérivent des résultats d’enquêtes menées de façon superficielles à leurs yeux. « Des indications que les choses sont en train d’évoluer commencent à arriver », poursuit la soeur. « Il y a deux jours par exemple le gouverneur de Nampula a demandé publiquement à la population de faire attention, de surveiller les enfants et de dénoncer toute disparition suspecte ».

La missionnaire rappelle aussi que parmi les mineurs ayant disparu ces dernières semaines, nombreux sont les enfants vivant habituellement dans les rues (« meninos de rua ») et des orphelins dont personne n’a soin. « Les victimes de ces disparitions sont les plus pauvres parmi les pauvres. Qui les cherche? Qui pleure leur disparition? » se demande la combonienne, sous couvert d’anonymat.

Plusieurs menaces de mort ont été proférées contre les religieuses ces derniers temps. Une religieuse protestante brésilienne a été retrouvée mort, assassinée, à fin février, même si rien ne prouve que ce meurtre est en lien avec ce trafic d’organes d’enfants. (apic/misna/pr)

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