L’islam: une religion opposée au terrorisme et à la violence

Suisse: Les femmes sont les premières victimes de l’injustice dans le monde, dit Shirin Ebadi

Genève, le 8 mars 2004 (Apic) Les femmes sont les premières victimes de l’injustice dans le monde, a déploré la lauréate du Prix Nobel de la paix 2003, l’avocate iranienne Shirin Ebadi, au cours de son intervention faite le 8 mars à Genève dans le cadre de la Journée internationale de la femme. La lauréate du prix Nobel de la paix a défendu l’islam – religion de paix et d’égalité – en ajoutant que l’islam est utilisée à tort pour justifier l’oppression des femmes.

Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix en 2003, a participé à une table ronde à l’occasion de la Journée internationale de la femme, le 8 mars, au siège de l’Organisation internationale du travail à Genève. Durant la conférence de presse, elle a défendu l’islam en tant que religion préconisant l’égalité et les droits de la personne. Elle affirme que la situation des femmes dans les pays musulmans est due au «système patriarcal» de ces pays. «Si l’on comprend correctement l’islam, l’on peut être en faveur des droits et de l’égalité des femmes.»

Depuis qu’elle a obtenu le Prix Nobel, Shirin Ebadi reconnaît que cela lui a permis d’être entendue plus clairement – comme un haut-parleur – non seulement en Iran mais aussi sur la scène internationale. «C’est ainsi que je peux m’exprimer sur la situation des femmes non seulement en Iran mais aussi dans tous les pays musulmans.»

Bien que meilleure qu’en Arabie Saoudite, la situation des femmes en Iran, fait-elle observer n’est «ni parfaite ni bonne», il existe de nombreuses lois discriminatoires. Par ailleurs, elle a beaucoup critiqué les élections en Iran, où beaucoup de réformateurs n’ont pu se présenter et où, a-t-elle dit, la volonté du peuple a été «invalidée». Elle-même n’est pas allée voter, car, à ses yeux, il ne restait que des candidats inconnus, écrit «La Liberté» du 9 mars.

«Ce n’est pas la religion de l’islam qui soutient le terrorisme»

«L’islam est une religion qui est opposée au terrorisme et à la violence», a déclaré Shirin Ebadi. «Lorsque nous parlons de ce qui est arrivé en Bosnie, nous ne disons pas «c’était des chrétiens», et lorsque nous parlons de ce qui se passe en Palestine, nous ne l’imputons pas au judaïsme», a-t- elle constaté. C’est la raison pour laquelle elle se demande pourquoi l’islam devrait être blâmé pour les actions violentes de personnes qui pratiquent cette religion. «Ce n’est pas la religion de l’islam qui soutient le terrorisme.»

«L’on ne peut sauver l’humanité avec des armes nucléaires»

Répondant à une question sur les armes nucléaires, dont on soupçonne l’Iran d’en fabriquer, Shirin Ebadi a répondu qu’aucun pays n’avait besoin de telles armes. «L’on ne peut sauver l’humanité avec des armes nucléaires. Ce qui sauve l’humanité, c’est le respect des droits de la personne et la démocratie.»

Née en 1947, Shirin Ebadi a été l’une des premières femmes juges en Iran qui a occupé le poste de présidente de la Cour municipale à Téhéran de 1975 à 1979. Elle a été obligée de démissionner après la révolution islamique et l’arrivée au pouvoir de l’ayatollah Khomeyni. Aujourd’hui, elle est avocate au service des droits de la femme et de l’enfant et enseigne à l’Université de Téhéran. (apic/eni/lh)

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