Est-il plus facile de mourir pour un juif, un chrétien ou un musulman? Vaste question que posent les organisateurs. L’exposition est organisée par les communautés juive, chrétienne et musulmane. Elle est sera visible du 12 au 29 mars 2004 au Péristyle de l’Hôtel de Ville de Neuchâtel.
« Et toi, comment vois-tu la mort ? ». Le visiteur est d’emblée invité à répondre sur un petit papier, qu’il pourra ensuite glisser dans une urne noire, de circonstance. Celle-ci se trouve à côté d’un corbillard en bois noir aussi, avec de grandes roues à rayons. De quoi mettre le visiteur dans l’ambiance. C’est du reste la première chose qu’on voit en entrant dans le Péristyle de l’Hôtel de Ville de Neuchâtel, qui abrite l’exposition « Lorsque je serai porté-e en terre. »
Elisabeth Reichen-Amsler, animatrice du TEF (théologie, Education et Formation) de l’EREN (Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel) a expliqué, lors de la conférence de presse, comment est née l’idée d’une telle exposition. D’une réflexion, tout d’abord, pour comprendre comment mieux travailler entre communautés. Comment aussi vivre une intégration plus naturelle de ces différentes communautés religieuses., a expliqué l’oratrice. Et puis, a-t-elle confié, il y a eu la découverte d’une exposition à Winterthur sur les 3 religions monothéistes, d’où l’idée de l’amener à Neuchâtel. Mais en la recréant, après avoir invité les communautés religieuses, présentes dans le canton de Neuchâtel, à y participer.
Elle a tout d’abord contacté Nadja Karmous de l’Association Culturelle des Femmes Musulmanes de Suisse. Celle-ci a tout de suite été enthousiaste, tout comme le guide spirituel de la communauté juive Michel Margulies et le représentant de la communauté arménienne Alexandre Torosyan.
Un triple objectif
Travailler ensemble et être sur la place publique avec un même projet, afin de mieux se connaître, de vivre et de partager est un des 3 objectifs du projet. Le second est de rendre à la mort sa place – car elle fait partie de la vie -, de lever les tabous et de réfléchir sur le sens de la vie et de la mort. Enfin, de réfléchir à la mort d’autrui et à sa propre mort.
Cette exposition s’articule en 12 « stations » symbolisant chacune une interrogation face à la mort, agrémentée de tableaux, de photos ou de sculptures créés par des élèves du Lycée artistique – Académie de Meuron – à Neuchâtel. Ces oeuvres complètent des objets religieux, des panneaux explicatifs avec des textes, des citations et des reproductions.
La mort, une réalité pour tous
« La mort est mystérieuse, fascinante et insondable pour tous », font remarquer les organisateurs. Mais quelles sont les différences d’appréhension, de perception et comment la vit-on si on est juif, chrétien ou musulmans? Quels rites pratiquent les membres de ces différentes communautés? Quelles croyances ont-ils de « l’après-mort »? Comment se comporte la famille et l’entourage pendant la cérémonie et après? Autant de questions dont le visiteur pourra trouver plusieurs réponses selon les rites, coutumes et sensibilités des différentes religions représentées.
S’interroger face à la mort et à l’horreur
Enfin, un des volets de l’exposition soulève la question de la mort quotidiennement présente dans les médias: « Des enfants meurent de faim, des gens sont torturés. Regardez-vous des photos d’horreur sans avoir de frissons ou préférez-vous fermer les yeux » ? « Quelle est l’intention des médias: accroître les ventes ou inciter le spectateur/lecteur à réfléchir »? Là aussi le visiteur est amené à s’interroger.
« Parler de la mort est une tâche qui revient à chacun parmi nous ». Pour le sociologue valaisan Bernard Crettaz, et les organisateurs, l’exposition tente de libérer la mort par la parole. « Car la mort, élément de la condition humaine, n’est pas une maladie. La confrontation avec sa propre mortalité peut permettre de vivre avec plus d’intensité. Développer la conscience de la finitude de l’être humain est un défi important et un grand enrichissement ». Toutes ces idées sont à la base de la réflexion des concepteurs de l’exposition, à visiter jusqu’au 29 mars à Neuchâtel. Elle se déplacera ensuite à la Chaux-de-Fonds (du 29 avril au 1er août), puis à Couvet, du 16 septembre au 2 novembre. (apic/lh)
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