Faire face au défi de la non-croyance et de l’indifférence religieuse

Rome: Ouverture de l’Assemblée plénière du Conseil pontifical pour la culture

Rome, 11 mars 2004 (Apic) Le cardinal français Paul Poupard met en garde contre la non-croyance et l’indifférence religieuse, dans une note rédigée dans le cadre de l’assemblée plénière du Conseil pontifical pour la culture qu’il préside.

Ce séminaire rassemble du 11 au 13 mars 2004 au Vatican 37 personnes du monde entier, parmi lesquels cardinaux, évêques et experts, autour du thème de La foi chrétienne à l’aube du IIIe Millénaire et le défi de la non- croyance et de l’indifférence religieuse.

«Le nouveau visage de la non-croyance met l’Eglise devant un défi pastoral énorme : comment annoncer l’Evangile aux non-croyants», peut-on lire dans une note du cardinal Paul Poupard à la presse. «Si l’athéisme n’est pas en croissance dans le monde, le phénomène de la non-croyance dans le monde contemporain se complexifie», commente le cardinal. Aux yeux du cardinal français, «si de l’athéisme militant et organisé d’autrefois l’on est passé à une situation d’indifférence pratique, de perte de pertinence de la question de Dieu et d’abandon de la pratique religieuse – surtout dans le monde occidental – la croyance en Dieu n’a pas été abandonnée», a-t- il argumenté, en soulignant toutefois la «grande flexibilité» du concept de religiosité.

«Aujourd’hui plus que jamais, il faut considérer les choses avec nuances», a poursuivi le président du dicastère ayant succédé au Secrétariat des non-croyants, prenant l’exemple de la pluri-appartenance religieuse japonaise, ou du détachement de la croyance de l’appartenance à une Eglise en tant qu’institution.

Parmi les raisons de cette évolution, le cardinal français a alors cité la démocratisation par les médias du fonctionnement d’un monde sans Dieu, le scandale du mal et le contre-témoignage créant des réticences envers l’Eglise, l’absence de canaux de transmission de la foi qui passait autrefois par la cellule familiale, la globalisation des styles de vie, ou encore la transformation de la figure de Dieu dans les nouvelles religions émergentes.

Lien entre culture et foi

Le cardinal Poupard a alors tenu à rappeler le lien intime entre la culture et la foi, insistant sur la diversité des situations d’un continent à l’autre, ou d’un pays à l’autre. En effet, si l’Europe préoccupée par la sécularisation et la recomposition du champ religieux avec «la religion du moi» et «la dépersonnalisation de Dieu» se concentre par exemple sur la nouvelle évangélisation dans les grandes villes, l’Amérique latine est davantage préoccupée par la multiplication des sectes attirant ceux qui abandonnent l’Eglise dans «une fuite silencieuse».

«Nous considérons souvent les choses à travers le prisme de l’Europe occidentale. Or les réalités sont différentes d’un continent à l’autre et même au sein d’un même pays», a insisté le cardinal.

L’ensemble de ces réflexions sont fondées sur un «Instrumentum Laboris», instrument de travail d’une trentaine de pages dans lequel statistiques et analyses ont été rassemblées. En effet, pour le cardinal Paul Poupard, «le siècle le plus menaçant pour l’homme n’est pas celui qui nie la vérité, mais celui qui ne s’en soucie pas». (apic/imedia/pr)

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