Vienne: Mort du cardinal autrichien Franz König
Vienne, 24 mars 2004 (Apic) Le cardinal autrichien Franz König est décédé dans son sommeil dans la nuit de vendredi à samedi à l’âge de 99 ans. Le cardinal, qui avait pris sa retraite en 1985 passait pour un homme de dialogue entre les religions et les cultures. Le pape Jean Paul II a immédiatement rendu hommage au cardinal autrichien, le qualifiant samedi d’ »homme de paix » et de « bâtisseur de ponts » avec l’Est. Il a été le dernier cardinal créé par le pape Jean XXIII.
Fils de paysans, Franz König est né le 3 août 1905 à Warth/Rabenstein en Basse-Autriche. Après ses études secondaires à Melk (Autriche), il étudia la philosophie, la théologie et les religions orientales. Il apprit dans sa vie une dizaine de langues étrangères. Il a été ordonné prêtre en 1923, puis est devenu en 1952 évêque de St-Pölten, un diocèse près de Vienne. Il fut créé cardinal en décembre 1958 et dirigea de 1965 à 1981 le secrétariat du Vatican pour les non-croyants.
Les hommages sont venus de tous les horizons politiques et professionnels samedi en Autriche. Le pape Jean Paul II a ainsi rendu hommage samedi au cardinal autrichien, le qualifiant d’ »homme de paix » et de « bâtisseur de ponts » avec l’Est.
« C’est avec une tristesse profonde que j’ai appris la nouvelle du décès du révérend cardinal Franz König, votre estimé prédécesseur sur le siège épiscopal de Vienne de 1956 à 1985 », peut-on lire dans le message au cardinal Schönborn écrit par le pape polonais adressé, dont l’élection de 1978 fut encouragée par le cardinal autrichien aujourd’hui décédé.
« Fidèle à sa devise ’Veritatem facientes in caritate’ – ou ’dire la vérité avec amour’ -, il fit beaucoup pour l’Eglise et pour la vie de l’Autriche durant son long et riche épiscopat. Son annonce du Christ et ses efforts pour la paix et pour la réconciliation ont rayonné au-delà des frontières de son pays », écrit encore Jean Paul II.
Dans son message de condoléances au cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, Jean Paul II souligne enfin que l’engagement en faveur de la paix et de la réconciliation du cardinal Koenig a rayonné bien au-delà des frontières de son pays.
Rappelant qu’il a été essentiel pour lui de « soutenir les croyants de l’est de l’Europe à l’époque de la division du continent », le pape a ajouté que ses qualités de « bâtisseur de ponts avaient été reconnues par les Eglises de l’Est ».
Théologien, pasteur, diplomate, scientifique, il a été surnommé la « conscience de l’Autriche ». Prélat humaniste aux positions modérées, il a longtemps exercé une influence morale sur l’ensemble de l’Eglise catholique.
Concile Vatican II
Le cardinal König avait pris sa retraite en 1985 alors qu’il était archevêque de Vienne. Polyglotte, il avait joué un rôle important dans la préparation du concile de Vatican II. Il fut notamment chargé par le Vatican d’engager le dialogue avec les églises d’Orient, rencontrant notamment Athenagoras I de Constantinople en 1961, pour préparer la rencontre et la réconciliation historiques entre le pape Paul VI et le patriarche orthodoxe trois ans plus tard.
Pour encourager ces retrouvailles oecuméniques, il créa cette année- là la fondation « Pro Oriente », laquelle permit un dialogue pacifique entre évêques catholiques et orthodoxes de Serbie et Croatie durant les guerres des Balkans dans les années 1990. Il avait en outre oeuvré pour la réconciliation entre l’Eglise catholique d’Autriche, traditionnellement alliée au pouvoir chrétien démocrate, et la social-démocratie.
Le cardinal défunt avait condamné en avril 2003 la guerre en Irak: « Finalement, la guerre ne sème que la haine, la haine entre musulmans et chrétiens, la haine entre Européens et Américains ».
Le dernier cardinal créé par Jean XXIII
Franz König a été le dernier cardinal créé par Jean XXIII en 1958. Participant activement dès lors à l’Ostpolitik vaticane, il fut l’un des architectes de sa politique d’ouverture à l’est, avec le cardinal Casaroli, ancien secrétaire d’Etat du Vatican. Son influence à ce sujet fut très importante durant le Concile Vatican II, où il contribua à l’élaboration d’un examen de conscience de l’Eglise catholique, seul moyen, selon lui, d’engager un véritable dialogue avec le monde moderne.
Sa connaissance des pays de l’Est alors que l’Europe était encore divisée, lui fit découvrir les qualités du cardinal Karol Wojtyla en 1978, lors du second des trois conclaves auxquels il participa.
Le cardinal Koenig, favorable à l’oecuménisme et déplorant la trop grande présence de l’Eglise de Rome dans les Eglises locales, était aussi connu pour sa remise en cause du « centralisme romain ».
Ses funérailles seront célébrées le 27 mars 2004 dans la cathédrale saint Stéphane, à Vienne. L’Autriche compte désormais deux cardinaux, dont un électeur, le cardinal Christophe Schönborn, tandis que le collège cardinalice compte 191 cardinaux, dont 174 créés par Jean-Paul II et 17 par Paul VI. A ce jour, 126 cardinaux sont électeurs et 65 ont plus de 80 ans. (apic/ag/imedia/pr)
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