Brésil: Campagne des missionnaires pour le droit à la terre dans l’Etat du Roraima
Brasilia, 16 mars 2004 (Apic) Lancée en juin 2003, la campagne des Missionnaires de la Consolata, organisée au Brésil pour défendre les droits des indigènes et des paysans à Roraima, est sur le point de se terminer. La campagne avait été organisée en collaboration avec l’hebdomadaire des Pauliniens « Famiglia Cristiana », en collaboration avec les missionnaires. Une campagne axée sur un certain nombre de revendications, loin d’être écoutées.
Des appels sont en cours d’élaboration, en vue de la clôture. Ils seront adressés au président Lula, aux parlementaires brésiliens et aux syndicats de Roraima et de Brasilia, afin qu’ils reconnaissent aux Indiens de l’Amérique du Sud leur droit à la terre et aux paysans et aux pauvres leur droit au développement humain et social.
Pour la première fois, expliquent les missionnaires, des groupes de personnes très pauvres et de marginaux, que le pouvoir avait jusqu’ici opposés pour mieux les exploiter, se sont péniblement réunis, « ayant pris conscience du fait que la reconnaissance aux Indiens du l’Amérique du Sud du droit à leurs terres d’origine ne porte pas préjudice aux paysans sans terre ni aux misérables garimpeiros, les chercheurs d’or ».
« Promesses mensongères »
Les petits agriculteurs, attirés à Roraima par les politiciens, qui leur ont fait, aux dires des missionnaires, des « promesses mensongères » visant exclusivement à créer une opposition numérique des blancs contre les Indiens, se retrouvent sans titres de propriété des terres qu’ils travaillent, sans aides ni infrastructures.
Selon les religieux, les travailleurs marginaux de la ville ont dû abandonner, à cause de la faim et des invasions, les « malocas » (maisons collectives indigènes) ainsi que les champs, pour aller vivre dans les bidonvilles des banlieues, victimes de toute sorte de violence, exploités par des politiciens corrompus et par des groupes du type mafieux.
Dans la campagne « Nous existons », les missionnaires demandent en particulier la reconnaissance légale des terres indigènes – prévue par la Constitution brésilienne mais jamais appliquée – l’éloignement des envahisseurs, l’adoption du nouveau Statut des Peuples indigènes, bloqué depuis dix ans au Congrès National de Brasilia, ainsi que la réglementation de la présence militaire dans les terres indigènes de frontière. (apic/vd/pr)
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