Les inégalités sociales s’accentuent, dénoncent Caritas

Serbie-Monténégro: la pauvreté oubliée et multipliée par dix

Belgrade, 16 mars 2004 (Apic) En dix ans, le taux de pauvreté s’est multiplié par 10 dans l’actuelle Serbie-Monténégro, passant de 2 à 21%, indique un rapport de la Caritas locale. A ses yeux, cette situation accentue la corruption, les inégalités sociales et le non-respect des droits de l’homme.

Au début des années 90, dans les région de la Serbie et du Monténégro, aujourd’hui réunies sous le même drapeau, un effondrement dramatique du produit interne brut, l’isolement international, les sanctions pénales et économiques et les bombardements de 1999, suivis de l’arrivé en Serbie de 700 000 réfugiés, ont plongé la région dans une grande pauvreté, indique le rapport de Caritas.

Selon les estimations de la Banque mondiale, le taux de pauvreté est passé de 2% de la population en 1988 à 21% en 1998, frappant les catégories fragiles de la population (personnes âgées, enfants, chômeurs et ouvriers d’industrie). L’Etat actuellement constitué, parvient à offrir une assistance sociale (50 euros par mois pour chaque membre du cercle familial) à près de 650’000 personnes sur une population de 10’651’000 individus dont 24% sont sans emploi, explique l’organisation caritative.

Les conséquences de la pauvreté

La pauvreté, dénonce le rapport de l’organisation, a des conséquences dramatiques: la première est la corruption à tous les niveaux et dans tous les domaines, mais en particulier dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la justice et de la police. Non content de saper les possibilités de croissance d’un nouvel Etat démocratique, elle augmente les inégalités sociales et décourage les investissements étrangers.

Le second fléau, aux yeux de Caritas, est le trafic d’êtres humains, qui entraîne une prolifération de la criminalité organisée et «l’anéantissement des droits de l’homme». Sur le plan social, ce sont surtout les jeunes qui souffrent le plus de cette situation, à cause des ravages du chômage et de l’écroulement des valeurs familiales. Un adolescent sur quatre grandit au sein d’une famille monoparentale, car bien souvent l’un des parents, émigré à la recherche d’un emploi, a fondé une nouvelle famille.

Enfin, Caritas déplore une diminution du nombre de mariages chez les nouvelles générations et affirme que ce sont surtout les «comportements déviants» qui suscitent le plus d’inquiétude: 26,4 % des jeunes filles sont enceintes à l’adolescence et 22,3% sont contraintes à l’avortement. Quant à l’usage de stupéfiants, dénonce enfin l’organisation caritative, il commence dès l’âge de 13 ans et la consommation d’alcool à 12 ans. (apic/sir/lh)

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