80 ans du cardinal Alexandre José Maria dos Santos,
Rome, 18 mars 2004 (Apic) Le cardinal Alexandre José Maria dos Santos, archevêque émérite de Maputo au Mozambique, fête le 18 mars 2004 ses 80 ans. Il ne pourra plus participer à l’élection du prochain pape. Avec ce nouvel anniversaire, la carte électorale du sacré collège change une nouvelle fois. 80 ans du cardinal Alexandre José Maria dos Santos,.
José Maria dos Santos est né le 18 mars 1924 à Zavala. Il a été le premier prêtre, le premier évêque et le premier cardinal originaire du Mozambique. Il commence ses études à l’école des missionnaires franciscains puis, après avoir fréquenté le petit séminaire, est envoyé au Malawi voisin, pour y suivre des cours de philosophie chez les pères blancs. En 1947, le futur cardinal entre au noviciat des franciscains de la province portugaise de Varatojo, près de Lisbonne. Il fait sa profession solennelle en 1951 et est ordonné prêtre le 25 juin 1953.
Après la proclamation de l’indépendance du Mozambique, le 23 décembre 1974, José Maria dos Santos est nommé par Paul VI archevêque de Maputo. Il a en outre implanté le mouvement Caritas au Mozambique et en a été le premier président. Le 22 août 1981, l’archevêque fonde l’association de la «Pieuse union féminine». Il est créé cardinal par Jean-Paul II lors du Consistoire du 28 juin 1988. Le cardinal dos Santos est resté à la tête de son archidiocèse de Maputo jusqu’en février 2003.
Après les deux anniversaires du mois de mars des cardinaux Jozef Tomko (le 11 mars) et José Maria dos Santos, ainsi que le décès du cardinal archevêque émérite de Vienne, Franz König (le 13 mars), le sacré collège compte désormais 191 membres, dont 125 électeurs, originaires des cinq continents et de 55 pays.
Tous les cardinaux électeurs ont été créés par Jean-Paul II, à l’exception de quatre qui doivent leur élévation à Paul VI. Parmi ces électeurs, c’est le continent européen qui compte le plus de membres (61), suivi de l’Amérique latine (24), de l’Amérique du nord (14), de l’Afrique (12), de l’Asie (11) et enfin de l’Océanie (3). La prochaine remise à jour du collège des cardinaux électeurs au conclave se fera le 5 juillet 2004, à l’occasion des 80 ans du cardinal australien Edward Idris Cassidy, président émérite du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. (imedia/apic/vb)
Irak: un an après le début de la guerre, les troupes d’occupation agissent en toute impunité
Droits humains bafoués en Irak, dénonce Amnesty International
Londres/Lausanne, 18 mars 2004 (Apic) Un an après le début des hostilités en Irak, la promesse d’une amélioration des droits humains pour les citoyens irakiens est toujours loin d’être réalisée, selon le dernier rapport d’Amnesty International. De nombreux détenus ont affirmé avoir été maltraités par les troupes américaines ou britanniques, qui opèrent en totale impunité.
Le dernier rapport d’Amnesty International (AI) est basé sur des informations rassemblées à l’occasion de plusieurs séjours en Irak au cours de la période de l’immédiat après-guerre et dans l’année qui a suivi. Il fait état des violences et de l’insécurité auxquelles sont confrontés les Irakiens au quotidien depuis le 18 mars 2003.
Douze mois après l’invasion de l’Irak par les troupes de la coalition menée par les États-Unis, le peuple irakien continue à subir de graves atteintes aux droits humains. Nombre de personnes non armées sont mortes à cause d’un recours excessif à la force meurtrière par les troupes de la coalition lors de manifestations publiques, de contrôles à des points de passage ou d’opérations commando dans des habitations, selon ce rapport.
Des milliers de gens ont été interpellés et maintenus en détention prolongée, souvent dans des conditions éprouvantes et sans que leur détention ait été reconnue. Beaucoup ont été torturés ou maltraités, certains sont décédés au cours de leur détention.
Civils irakiens tués par les troupes américaines
Nous estimons à 10’000 le nombre de civils irakiens tués depuis le 18 mars 2003, indique l’ONG qui précise que les autorités ne souhaitent pas ou ne sont pas en mesure de répertorier les morts. «Nous n’avons pas les capacités nécessaires pour établir une liste de toutes les victimes civiles», a déclaré en février passé le général américain Mark Kimmitt à l’agence Reuters.
Parmi les10’402 plaintes enregistrées, certaines concernent des civils irakiens abattus ou gravement blessés par balles par des soldats américains sans raison apparente. En novembre 2003, les militaires américains ont déclaré avoir payé un million et demi de dollars américains à des civils irakiens, en règlement de plaintes déposées par des victimes ou des proches de victimes pour préjudice corporel, mort ou dégradation de biens.
Mais mis à part ces règlements pécuniers, il semble que les familles des morts et des blessés aient peu de recours. Aucun soldat américain n’a été poursuivi en justice pour avoir tué illégalement des civils irakiens. Les tribunaux irakiens, du fait d’une décision prise en juin 2003 par l’autorité de Bagdad sous tutelle américaine, ne sont pas autorisés à traiter les affaires mettant en cause des soldats américains, des responsables étrangers en Irak ou des membres de toute autre troupe étrangère, selon AI.
Dans les faits, les soldats américains opèrent donc en totale impunité affirme Amnesty International. A de nombreuses occasions, l’organisation des droits humains a demandé que tous les homicides perpétrés en Irak sur des personnes civiles par les forces de la coalition fassent l’objet d’enquêtes approfondies, indépendantes et impartiales et que les auteurs présumés d’homicides illégaux soient traduits en justice. A ce jour, aucune enquête indépendante ne semble avoir été menée.
Amnesty dénonce le recours à la torture
Par ailleurs, depuis le début de la guerre en Irak, l’organisation a reçu de nombreuses informations venant d’Irakiens emmenés en détention sans inculpation et dont les droits ont été violés. Parmi eux, un certain nombre ont été torturés et soumis à de mauvais traitements. Pratiquement aucun n’a pu prendre contact rapidement avec un avocat ou un membre de sa famille, ni obtenir que la légalité de sa détention soit examinée par un tribunal.
L’Autorité provisoire de la coalition (APC) reconnaît détenir environ 8’500 personnes, mais selon une organisation irakienne de défense des droits humains, il y en aurait environ 1’000. La plupart sont considérés comme «détenus pour raisons de sécurité», c’est-à-dire impliqués ou soupçonnés de l’être, dans des actions anti-coalition. De nombreux détenus ont affirmé avoir été torturés et maltraités par les troupes américaines et britanniques au cours de leur interrogatoire.
Parmi les méthodes employées, ils ont cité les coups, la privation prolongée de sommeil, le maintien dans des positions douloureuses, parfois combiné à une exposition à de la musique très forte, le maintien prolongé d’un sac sur la tête et l’exposition à des lumières violentes, précise Amnesty. Pratiquement aucune de ces allégations de torture et de mauvais traitements n’a fait l’objet d’une enquête appropriée.
Insécurité due aux attentats
D’autre part, le rapport relève que les civils irakiens sont également confrontés au danger sous forme d’attaques par des groupes armés. Ces attaques visent les militaires américains, le personnel de sécurité irakien, les postes de police contrôlés par des Irakiens, des dirigeants et des bâtiments religieux, le personnel des médias, des ONG et des agences des Nations Unies.
Amnesty International somme ces groupes de mettre un terme à cette politique d’attaques et lance un appel pour que les auteurs présumés de ces crimes soient traduits en justice et jugés conformément aux normes internationales relatives aux droits humains.
«Nous sommes les premiers témoins de l’absence de loi et d’ordre dans de nombreuses régions d’Irak. Pillage, morts par vengeance, enlèvements et violence contre les femmes font partie de la vie quotidienne des Irakiens», explique AI. C’est pourquoi, l’organisation internationale demande que des changements fondamentaux soient faits au niveau du système juridique et de la justice pénale en Irak. Sous peine de trahir le peuple irakien qui a tant souffert par le passé, il est nécessaire de mettre les droits humains au centre de tous les efforts de reconstruction de l’Irak, conclut Amnesty International. (apic/com/lh)
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