Italie: L’Osservatore romano soupçonne des visées politiques et économiques en Irak
Rome, 19 mars 2004 (Apic) L’Osservatore romano soupçonne le discours de justice, de liberté et d’égalité, qui a conduit la guerre en Irak, de cacher des visées plus politiques et économiques. En s’en prenant aux mouvements modérés, les Etats-Unis et leurs alliés se trompent de cibles, lance encore le quotidien du Vatican.
A la veille du premier anniversaire de l’entrée en guerre des Etats-Unis et de leurs alliés contre l’Irak, L’Osservatore romano accuse « ceux qui voudraient présenter l’extrémisme radical islamiste comme un conflit entre des mondes opposés », de se tromper lourdement en allant « affronter les mouvements modérés lors d’interventions armées, ce qui semble renforcer le consensus entre les populations et les groupes radicaux ».
« Derrière les discours sur la nécessité de porter la justice, la liberté et l’égalité, peut se cacher l’intention d’élargir ses propres sphères d’influence politique et économique dans des régions aux potentiels énormes », peut-on lire dans le cahier central du journal, intitulé « Proche- Orient: l’urgence de la paix », du 19 mars 2004.
Tenir compte de l’identité des civilisations
Pour L’Osservatore romano, depuis le 11 septembre 2001, « il est nécessaire d’affronter par des stratégies à long terme une série de crises, qui sont seulement par moments définies par des dénominateurs communs ». « La région qui va du Maroc aux confins de la Chine est l’un des points les plus chauds de la planète », estime le quotidien du Vatican et « les projets qui proposent des modèles de développement définitifs à des populations aux traditions diverses, doivent être confrontés à l’identité des civilisations qui, non seulement sont organisées selon des critères étrangers au monde occidental, mais sont aussi très différentes entre elles. »
« Les solutions les plus raisonnables, estime le quotidien, pourront être rendues efficaces seulement avec la coopération des organismes préposés à la gestion des conflits internationaux, particulièrement l’ONU, et avec la participation active des parties en présence ». Ce cahier spécial, un an après l’intervention armée en Irak, compte des articles traitant directement de la question de la reconstruction irakienne, des attentats presque quotidiens qui s’y déroulent, et de la constitution provisoire du pays. D’autres textes abordent « le plan Marshall » en faveur du développement de la région. Enfin, un article intitulé « Israël : un mur et un retrait unilatéral pour résoudre la crise avec les Palestiniens » élargit l’analyse à la situation en Terre sainte.
Rechercher les causes du terrorisme
Par ailleurs, le cardinal Renato Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix a déclaré, le 18 mars sur Radio Vatican, que « pour être victorieuse, la lutte contre le terrorisme ne pouvait pas se résumer uniquement à des opérations répressives et punitives ». « Il est essentiel, a poursuivi le cardinal, que le recours à la force s’accompagne d’une analyse lucide et courageuse de la situation. »
Reprenant la pensée de Jean Paul II, Renato Martino estime « qu’il faut aller à la recherche des causes du terrorisme, puis à une éducation de la paix. Si les causes ne sont pas éliminées, il y aura toujours une rechute ». Pour atteindre ce but, le président du Conseil pontifical, suivant la pensée du pape, en appelle à une réforme de l’ONU pour que l’organisation puisse remplir à plein « son rôle de protecteur de la paix dans la communauté internationale ». (apic/imedia/lh)
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