Il est difficile d’affirmer: « Nous sommes mieux à Bagdad »
Bagdad, 19 mars 2004 (Apic) Un an après la déclaration de guerre américano- anglaise contre le régime irakien de Saddam Hussein, le nonce apostolique en Irak, Mgr Ferdinando Filoni, dresse un bilan pour le quotidien de la Conférence des évêques italiens, « Avvenire », en date du 19 mars 2004.
« Il y a un an, a expliqué Mgr Filoni, nous avions encore l’espérance d’éviter le conflit, une espérance nourrie par l’opposition de Jean-Paul II, de l’Eglise et du monde entier à cette solution armée. Mais à la lumière des événements, nous comprenons aujourd’hui que cette guerre avait été planifiée et décidée ».
Selon lui, « la population vit un sentiment d’ambivalence. Elle apprécie de pouvoir parler librement et de pouvoir développer des liens sociaux, comme en témoigne la multiplication des antennes paraboliques qui sont devenues le symbole d’un isolement à abattre ». Mais le nonce a aussi souligné les problèmes liés « aux lignes téléphoniques encore coupées, à l’électricité qui va et qui vient et aux énormes difficultés sanitaires. Et puis bien entendu les attentats, des dizaines par jour, même si seuls les plus importants font l’actualité ». Il en conclu, que si « d’un côté, l’on apprécie la liberté retrouvée », « de l’autre, l’on considère que le prix est tellement élevé qu’il est difficile d’affirmer: nous sommes mieux ».
Interrogé sur la situation de la minorité catholique, le prélat a affirmé, que « jusqu’à aujourd’hui, il n’y avait pas de conflit d’ordre religieux ». « Bien sûr, quelques catholiques qui vendaient de l’alcool ont été tués, des magasins ont été détruits, mais ce sont des épisodes liés à l’insécurité générale. Il n’y a pas de lutte entre catholiques et musulmans, a-t-il insisté, mais nous attendons que soient protégés les droits d’expression, d’éducation des enfants, que soit garantie notre culture, même si elle est minoritaire ». (apic/imedia/pr)
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