« Atonie du marché » en 2003
Paris, 23 mars 2004 (Apic) Plusieurs maisons d’édition religieuse, dont l’Atelier et Saint-Paul, sont menacées en France. La faute à une année 2003, marquée par une « atonie du marché », estiment certains éditeurs. Pourtant, ceux qui sont adossés à des grands groupes se développent, révèle le quotidien catholique français « La Croix » sur son site en ligne du 22 mars.
Les éditions Nouvelle Cité ont connu l’an dernier une baisse de 6% du chiffre d’affaires en France par rapport à 2002, année elle-même médiocre. Principale cause avancée par cette maison d’édition: les travaux de réaménagement mobilier et informatique qui ont eu lieu à La Procure-Paris pendant les deux premiers semestres 2003. « Notre chiffre d’affaires dans cette librairie a baissé de 32% », soutient le directeur Henri-Louis Roche qui précise que cette librairie représente, à elle seule, 14% du chiffre d’affaires en France sur une année normale.
Même constat de la part des éditions Desclée de Brouwer (DDB). L’année 2003 a été difficile pour le secteur religieux dans son ensemble à cause de « l’atonie du marché », avance le directeur Marc Leboucher. Pour lui, il est de plus en plus difficile de toucher un lectorat qui « s’atomise en une myriade de demandes touchant au psycho-spirituel, au religieux identitaire, à la prière ».
St-Paul – Versailles en situation très précaire
D’autres maisons d’édition religieuses connaissent des difficultés plus graves encore, révèle « La Croix ». Ainsi, les éditions de l’Atelier (anciennement Éditions ouvrières), confrontées à un passif de 1,6 million d’euros, ont été placées en redressement judiciaire. De même les éditions Saint-Paul – Versailles, qui avaient été mises en liquidation judiciaire en 2001 et qui ont été rachetées un an plus tard, restent dans une situation très précaire. Lancées à la fin du 19e siècle par les éditions St-Paul à Fribourg en Suisse, elles n’ont actuellement plus de lien juridique avec l’éditeur suisse, souligne Anton Scherer, directeur des Editions St-Paul et de la Presse académique à Fribourg. « Nous continuons simplement à diffuser leurs livres en Suisse ».
Le marché religieux a-t-il connu une forte baisse en 2003 en Suisse également? « Non, une baisse régulière est apparue depuis plusieurs années, mais pas spécialement l’an dernier », soutient Anton Scherer. « Elle correspond d’ailleurs à la baisse d’influence des Eglises en Suisse ».
Certains éditeurs tirent leurs marrons du feu
Mais 2003 n’aura pas été une année désastreuse pour tous les éditeurs religieux francophones, souligne « La Croix ». Ainsi, le Cerf, après une sévère crise, a vécu une « très bonne année 2003 », notamment, grâce au document des évêques « Aller au coeur de la foi », sur l’avenir du catéchisme, coédité avec Bayard et Fleurus, et qui a dépassé les 85’000 exemplaires. A Bayard, sans véritables best-sellers, plusieurs ouvrages ont bien marché, dépassant les 7’000 exemplaires. Succès enfin aux Presses de la Renaissance où le directeur Alain Noël n’hésite pas à parler d’une « année 2003 extraordinaire, avec 62% d’augmentation du chiffre d’affaires ». D’autres maisons d’édition à vocation généraliste enregistrent également d’excellents résultats dans leur secteur religieux: Albin Michel, par exemple, affiche 12% d’augmentation en 2003. (apic/lacroix/bb)
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