Non à la «stratégie de la terreur»
Rome, 23 mars 2004 (Apic) Le cardinal Camillo Ruini a vivement condamné les attentats terroristes dans un discours prononcé le 22 mars 2004, à l’occasion du conseil permanent de la Conférence épiscopale. Le prélat a souligné les enjeux avant tout politiques de la «stratégie de la terreur».
Faisant référence à l’attentat de Madrid du 11 mars 2004, le président de la Conférence épiscopale italienne a parlé d’un «nouveau 11 septembre» pour l’Union européenne. Le cardinal Camillo Ruini, qui est également vicaire du pape pour le diocèse de Rome, a souligné les enjeux avant tout politiques que ce carnage, véritable «stratégie de la terreur», a mis en lumière.
Dans son discours de lundi, le cardinal a souligné que «les auteurs et les idéologues de ces crimes ne prennent pas soin de limiter le nombre des victimes, mais au contraire assassinent le plus possible, avec pour intention d’obtenir un maximum de résultats par cette infâme stratégie».
«A force de ne pas donner de poids à la forte réaction morale que ces actions provoquent, poursuit le président de la Conférence épiscopale italienne, les terroristes se montrent aveugles et incapables de prévoir que cette réaction finira par les abattre», a-t-il ajouté. Le cardinal Camillo Ruini évoquant l’attentat terroriste du 11 mars «qui fait partie d’une horrible chaîne», allant de New York à Moscou en passant par la Terre sainte et l’Irak, propose une réponse en trois points à cette violence.
Réponse à la violence terroriste: non à l’islamophobie
La première réponse est d’ordre moral, avec «l’absolue condamnation d’actes similaires, injustifiables», selon les propos de Jean Paul II lors de l’angélus du 14 mars 2004.
«Le refus d’entrer dans une logique en quoi que ce soit semblable à celle qui inspire le terrorisme», est la seconde réponse que préconise le vicaire de Rome pour lutter contre la spirale de la violence. «Nous devons nous garder des racines de haine et d’intolérance, en particulier face aux musulmans», a prévenu le cardinal Ruini. «Céder à cette dérive signifierait, en réalité, satisfaire aux desseins des terroristes», a-t-il poursuivi.
La troisième réponse à donner aux actes terroristes se trouve, pour le cardinal, «dans l’unité des objectifs et de la solidarité sincère et active dans la prévention, dans la répression, mais aussi dans le traitement des causes du terrorisme». Il souhaite «un progrès rapide et décisif dans la réalisation de l’Union européenne» et «une cohésion rénovée entre les deux rives de l’Atlantique».
Faire confiance à l’ONU
Ainsi, dans la lutte contre le terrorisme, les «Nations-Unies, malgré les limites actuelles de leurs structures et de leurs capacités opératoires, sont l’expression adéquate et pleinement autorisée qui doit impliquer plus particulièrement les nations islamiques. Ce sont-elles, en effet, qui ont véritablement la possibilité de bonifier le terrain de culture du terrorisme, en premier lieu sur le plan spirituel et culturel, mais aussi sur le plan social et économique», a relevé le cardinal Ruini. «L’Occident doit éviter des initiatives qui rendraient plus difficiles ce devoir, et contribuer au maximum à éteindre le foyer depuis trop longtemps allumé, avec ses conséquences néfastes, qu’est le conflit israélo-arabe».
Par ailleurs, au fil de son discours adressé au conseil permanent de la Conférence épiscopale italienne, réuni à Rome du 22 au 25 mars 2004, le cardinal Camillo Ruini a tenu à pointer les pays du monde actuellement touchés par la guerre, par la famine et par la maladie, notamment Haïti, le Kosovo, l’Ouganda et le continent africain en général.
Il a en outre traité de la situation italienne, appelant en particulier à une relance de la natalité dans le pays pour lutter contre le marasme économique et a insisté sur l’actualité de la première encyclique de Jean Paul II, «Redemptor Hominis», dont l’anniversaire a été célébré le 4 mars dernier. (apic/imedia/be)
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