Avant tout une question de garantie de la liberté religieuse

Rome: Le cardinal Julian Herranz pour la tolérance en matière de port du voile islamique

Rome, 25 mars 2004 (Apic) Le cardinal Julian Herranz à Rome s’est prononcé pour la tolérance en matière de port du voile islamique, considérant qu’il s’agit avant tout d’une question de liberté religieuse. Il commente dans la presse italienne l’exclusion professionnelle, le 24 mars 2004, d’une Marocaine qui portait le voile islamique. Son voile risquait d’effrayer les enfants.

Educatrice en stage dans une crèche de la ville de Samone, près de Turin, Fatima Mouayche est âgée de 40 ans. Divorcée et mère de deux enfants de 5 et 6 ans nés en Italie, cette Marocaine avait été renvoyée de la crèche «Miele&Cri-Cri». Motif: portant un voile, elle «risquait de faire peur aux enfants», selon l’une des responsables de ce jardin d’enfants.

Prélat d’origine espagnole, issu des rangs de l’Opus Dei, le président du Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs et de la Commission disciplinaire de la curie romaine, le cardinal Herranz estime que «le vrai problème est de garantir la liberté religieuse de tous.»

«La question n’est pas seulement d’autoriser ou non le port du voile islamique en Italie ou ailleurs», a-t-il déclaré au quotidien italien La Repubblica daté du 25 mars 2004. Le cardinal Herranz était interrogé par le journal italien au sujet de la réintégration professionnelle, le 30 mars prochain, de l’éducatrice stagiaire exclue pour port du voile islamique.

En France, le «préjugé anticlérical»

Comparant les situations françaises et italiennes, le cardinal a déclaré que, «le cas italien est intégré au plus large problème du droit à la liberté religieuse. Quant aux vicissitudes françaises, je pense qu’il serait nécessaire de fuir la tentation d’abandon à une vision laïciste de la société où, pour suivre un préjugé anticlérical, on s’échine à effacer les signes de Dieu dans la vie des gens et tout symbole de transcendance dans la vie quotidienne».

«Chacun doit pouvoir professer librement sa foi, selon sa conscience, ses symboles et sa tradition», a poursuivi le cardinal Herranz. Et d’estimer que l’ONU devrait être renforcée pour garantir la liberté religieuse dans tous les pays: «c’est un droit, comme la défense de la vie». Le président du Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs réaffirme que le Saint-Siège est préoccupé par ce point fondamental des droits de l’Homme qu’est la liberté religieuse «qui n’est pas pleinement réalisé».

Et de regretter que des Etats comme la Russie, l’Afrique du sud et l’Arabie saoudite n’ont pas encore signé la Charte universelle des droits de l’Homme. «En Occident, il y a désormais différentes législations qui peuvent rendre inefficaces cette charte en matière de liberté religieuse», a conclu le cardinal Herranz. Selon La Repubblica, le Vatican aurait apprécié la demande de Giuseppe Pisanu, ministre italien de l’Intérieur, de réintégrer Fatima Mouayche.

Un symbole d’identité religieuse et culturelle qui mérite le respect

Pour le ministre italien, «le voile islamique porté dignement et sans aucune ostentation est seulement le symbole d’une identité culturelle et religieuse qui mérite tout notre respect». Fatima Mouayche devrait rejoindre la crèche municipale de la commune voisine de Samone, Ivrea. Elle a été invitée par le maire de la petite ville pour y effectuer son stage d’éducatrice.

La communauté musulmane italienne compte environ un million de membres, plus largement représentés dans le nord et le centre industriel du pays. Seulement 5% d’entre eux déclarent fréquenter régulièrement une mosquée. Depuis 1995, c’est à Rome que se trouve le plus grand lieu de culte musulman d’Europe, pouvant accueillir 2’000 fidèles. (apic/imedia/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/rome-le-cardinal-julian-herranz-pour-la-tolerance-en-matiere-de-port-du-voile-islamique/