Burkina-Faso: Troisième édition de la Journée Nationale du Pardon
Ouagadougou, 28 mars 2004 (Apic) Mgr Anselme Titiama Sanon, archevêque de BoboDioulasso, a prôné le « pardon sans recourir au jugement, avec toutefois, l’engagement de réparer les torts » dans le pays. En prélude à la célébration, le 25 mars, de la troisième édition de la Journée Nationale de Pardon (Jnp), il a suggéré « une nouvelle justice » au Burkina-Faso.
La Jnp a été instaurée à la suite des nombreux troubles politiques consécutifs à l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et de ses trois compagnons, le 13 décembre 1998.
« Nous sommes tous impliqués quand on parle de pardon ou d’impunité parce qu’il n’y a aucun Burkinabé qui puisse dire qu’il a toujours bien agi et qu’il ne doit rien à la nation ni à d’autres concitoyens », a déclaré l’archevêque de BoboDioulasso. Ce dernier donnait, samedi 20 mars, une conférence publique sur le thème: « Réconciliation au Burkina Faso: mythe ou réalité? » « Il faut donc une conscience citoyenne, car ce ne sont pas les guérillas, les assassinats, les crimes de tous genres qui amènent une nation à aller de l’avant. La solution passe par la paix, la compréhension, le pardon », a-t-il souligné dans un compte rendu rapporté par le quotidien burkinabé, « L’Observateur Paalga ».
Selon Mgr Sanon, si l’utilisation de la violence n’est plus à la mode, il reste que « le silence et la souffrance de nombreuses personnes sont encore là comme des situations récurrentes ». Dès lors, « comment aller vers une réconciliation? », s’est-il interrogé, en proposant comme réponse, trois possibilités: la réconciliation par voie judiciaire, qui consiste à identifier les coupables et à établir la vérité, le pardon sans chercher justice et la réconciliation sur amnistie. A ce niveau, on se réconcilie sans chercher à connaître la vérité.
De ces trois possibilités, l’archevêque choisit le pardon sans recourir au jugement. Elle a été privilégiée lors des deux précédentes Jnp. En tenant compte des déclarations et des engagements des uns et des autres, « un vent d’accalmie semble balayer le pays ». « On peut par conséquent parler de paix relative », a-t-il affirmé. (apic/ibc/bb)
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