A la découverte des lieux de prière et de ressourcement en Suisse romande (XVIII)
Trois Soeurs à Notre-Dame des Marches
La raréfaction des prêtres ne permet plus à l’un d’entre eux d’assurer le rectorat de Notre-Dame des Marches. Signe des temps, depuis 17 ans, trois Soeurs de la congrégation d’Ingenbohl assument l’accueil des pèlerins et des groupes, l’animation pastorale et l’entretien de la chapelle.
Jadis, les lépreux étaient soignés en dehors des localités. Ceux de la région l’étaient dans une léproserie construite au pied de la Dent de Broc, en face du château de Gruyères. Des ermites franciscains soutenaient leur douloureux parcours de vie, en suppliant Marie. Après la fermeture de la léproserie, ils poursuivirent le service de la chapelle construite en 1636. L’attrait de ND des Marches ne cessant pas, trois frères prêtres, de la famille Ruffieux, de Broc, mobilisèrent les fidèles du coin pour édifier la chapelle actuelle, plus adaptée aux pèlerinages. C’était en 1705. La commune de Broc fit construire un mur d’enceinte et planta des tilleuls qui ombragent la cour. D’ailleurs, aujourd’hui encore, les bâtiments (chapelle, cure, abri) appartiennent à la paroisse de Broc.
Le sanctuaire des Marches reste cher au coeur des Fribourgeois et des chrétiens amoureux de ce lieu marial. Même si la pratique religieuse s’amenuise, le culte marial reste vivant. Aux Marches, «la Mère de Jésus aime à répandre ses grâces». Des centaines d’ex-voto attestent de guérisons miraculeuses. Dès 8 heures chaque matin, les pèlerins se succèdent à la chapelle. Chacun peut inscrire dans le grand livre des intentions ses requêtes, ses soucis: ils seront portés devant Dieu lors de la liturgie du dimanche après-midi. Les messes sont célébrées par les prêtres du secteur. Le dimanche, l’église ne peut accueillir tous les fidèles.
Des pèlerinages annuels sont organisés aux Marches. Des bénévoles, les membres de l’Oeuvre des malades, le Rectorat, la Communauté des soeurs ainsi que les Amis de Notre-Dame des Marches, garantissent la bonne marche des services. Ainsi les gens du voyage de toute la Suisse viennent prier la Madone avec leurs familles; le pèlerinage des malades enregistre la présence de 800 personnes en mai; en automne, le mardi suivant la Bénichon rassemble des familles de la région. Des paroisses, des choeurs d’enfants, des groupes de la vie montante, etc., se succèdent au cours de l’année. Des groupes de retraitants ou de premiers communiants sont logés à la colonie et montent prier à la chapelle. Beaucoup de mariages y sont célébrés, et les familles viennent ensuite y vivre l’anniversaire de mariage ! Actuellement, bon nombre de grands-parents y amènent leurs petits- enfants.
Tous viennent aux Marches demander l’intercession de Marie. «Ils ont confiance en elle, confie Soeur Anne-Françoise. C’est leur maman du ciel. Ils viennent à elle quand ils en sentent le besoin. Leur dévotion mariale est discrète, mais sincère et elle perdure.» Nombre de pèlerins en quête de certitudes, de force et de paix, se confient aux Soeurs. A la chapelle, ils trouvent silence et sens. Les jeunes y viennent individuellement, de manière anonyme. Assurément, il y aura foule aux Marches l’an prochain, puisqu’on y célébrera tout au long de l’année, le troisième centenaire de la chapelle actuelle ! Paul Jubin
Les illustrations de cet article peuvent être commandées à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1700 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: ciric@cath.ch (apic/pj/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse