L’incroyance, un phénomène typiquement européen
Baar, 30 mars 2004 (Apic) Le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE) a organisé du 25 au 28 mars à Baar (Zoug) un séminaire sur les «religions alternatives» et sur l’incroyance, un phénomène «typiquement européen». La rencontre a rassemblé 24 participants, représentant 19 conférences épiscopales.
Les groupes du Nouvel-Âge, les thérapies méditatives et curatives, les nouveaux mouvements religieux extérieurs ou parallèles à la tradition chrétienne et les groupes religieux implantés en Europe à partir d’autres continents, ont fait l’objet de ce séminaire du CCEE. Il a vu la participation de théologiens et philosophes, d’un canoniste, d’un psychologue, de divers experts en ce domaine, exerçant soit en centres de recherche soit à titre consultatif. Les Conseils pontificaux pour la Culture et le Dialogue interreligieux étaient également représentés. Mgr Amédée Grab, président du CCEE, a présidé la célébration du vendredi.
Le texte et le mode de préparation du document «Jésus-Christ, le porteur d’eau vive», publié en février 2003 par les deux conseils pontificaux, ont été présentés par Mgr Peter Fleetwood (du Secrétariat du CCEE) et Mgr Pier Luigi Celata (Secrétaire du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux). Ce document est «en devenir», puisqu’au cours des prochains mois une réunion aura lieu à Rome pour analyser les réponses et réactions qu’il a suscitées depuis sa publication. Richard Rouse, du Conseil pontifical pour la Culture, a présenté le document de travail, discuté lors de la récente assemblée plénière du Conseil et résultant d’un questionnaire sur l’incroyance dans le monde d’aujourd’hui. Il fait notamment apparaître que l’incroyance est un phénomène typiquement européen. On ne le trouve ni en Afrique, ni en Asie, ni dans le monde musulman, et il est rare également en Amérique du Nord.
Etude des nouveaux mouvements religieux en Suisse
Le professeur Benjamin Simon, de l’Université de Heidelberg, a présenté trois modèles de développement de groupes religieux africains en Europe, en indiquant comment ils interagissent sur les communautés locales, en fonction de leur manière de définir leur propre identité. Le Révérend Joachim Müller, du Groupe catholique suisse de travail sur les nouveaux mouvements religieux, a décrit le panorama religieux de l’aire germanophone, et en particulier de la Suisse, à partir d’une sorte de «thermomètre» permettant de mesurer si l’appartenance à un groupe religieux aide réellement ou non la personne. Une grande place a été accordée à la présentation des situations nationales et à la vaste documentation déjà existante.
Quel est le meilleur moyen de répondre aux demandes d’informations sur des thérapies particulières? Comment l’Eglise peut-elle comprendre les raisons pour lesquelles certains trouvent des réponses à leurs besoins spirituels dans des groupes particuliers, et quelles «stratégies» convient- il d’adopter? Comment faire mieux fructifier la tradition mystique chrétienne? Ces questions ont été débattues durant le séminaire, tout comme la définition du terme «secte». En certains pays, ce mot correspond à un concept utilisé par le code pénal pour contrôler les groupes étrangers. La plupart du temps, il est utilisé de façon imprécise et très négative. Le fait qu’on ait souvent parlé de «discernement» durant le séminaire montre l’attention que doit avoir l’Eglise lorsqu’il s’agit de juger et d’apporter des réponses à des idées, thérapies et styles de vie qui, de façon évidente, séduisent beaucoup de gens.
Les participants ont cherché à dégager quelques priorités d’engagement pour les Conférences épiscopales: il est fondamental de reconnaître les effets des religions «alternatives» sur la culture, en vue de l’évangélisation et de consulter des experts. Les participants ont recommandé la mise en place d’un système léger et régulier permettant de se tenir réciproquement informés de ces phénomènes à dimensions ou caractères souvent «transnationaux». Les pays les plus petits ou dont les ressources sont plus limitées pourront bénéficier de ces échanges et se maintenir à jour. (apic/com/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse