Ardeur religieuse durant le temps de carême

Côte-d’Ivoire: La violence politique n’a pas ébranlé la foi des chrétiens

Abidjan, 31 mars 2004 (Apic) La violence politique de ces derniers jours en Côte-d’Ivoire n’a pas ébranlé la foi des chrétiens. Ils vivent le temps de carême avec une ardeur renouvelée, à l’exemple d’Olivier, Synthia, ainsi que Donatien et son épouse. La tendance est forte chez les jeunes, de plus en plus nombreux à observer le jeûne.

Le 25 mars dernier, près de 500 personnes, selon l’opposition, 35 selon le pouvoir, ont été tuées lors de la répression d’une manifestation de l’opposition réclamant l’application d’accords de paix conclus l’an dernier en France.

En fait, à l’instar des autres chrétiens du monde, ceux de Côte- d’Ivoire observent avec piété le traditionnel temps du carême qui se conclura par la semaine sainte et la Fête de Pâques le 11 avril prochain. Détail frappant: l’engagement de plus en plus nombreux des jeunes dans l’épreuve. Selon le quotidien ivoirien «Le Patriote», beaucoup de jeunes chrétiens se soumettent aux règles de cette période en priant et en jeûnant davantage.

Trente à quarante minutes de prière le matin

Olivier Assouan, 30 ans, est un chrétien pratiquant. Célibataire et employé de service, il habite un sous-quartier populaire d’Abidjan dénommé «RDA», situé dans la commune de Koumassi. Comme tous les chrétiens, Olivier est entré en carême le Mercredi des Cendres 25 février dernier. Il a déclaré au «Patriote» qu’il veut, «à travers ce moment de haute spiritualité et de privation, se rapprocher davantage du Seigneur». Le défi requiert un effort dont il a affirmé avoir pris la mesure quelques jours avant même le début du carême. «J’ai pris l’engagement d’être un chrétien exemplaire», a-t-il souligné. Pour y parvenir, il se réveille chaque matin très tôt pour implorer Jésus, pendant trente à quarante minutes.

Dans ses rapports avec les autres, il se veut le plus naturel possible. Son objectif est que son entourage ne s’aperçoive pas qu’il jeûne. Ce qui n’est pas toujours possible. Les mercredi et vendredi, il ne partage plus le petit-déjeuner avec ses «frères» dont certains sont musulmans et d’autres chrétiens. «Je suis obligé de leur expliquer que j’observe le jeûne».

Jeûne les jours de classe

Synthia Kouadio, 20 ans, étudiante aime se recueillir à la «Grotte», un lieu situé dans l’enceinte de la paroisse «Notre Dame d’Assomption» de Koumassi. Pendant le temps de carême, elle se rend chaque matin à la messe de 6 heures. " Sinon, je viens faire juste le signe de croix et je me rends en classe. Après les cours, je viens faire mon adoration», poursuit-elle. «Tous les jours où je vais à l’école, j’observe le jeûne», sinon, elle évite de jeûner, car «mon refus de participer aux repas familiaux attire trop d’attention sur moi». Durant carême, Synthia ne rate jamais les séances de prières du Renouveau charismatique dans sa paroisse. Elle prend aussi part, chaque vendredi à midi, au «Chemin de croix».

Grah Donatien, 32 ans, de la paroisse Sainte Bernadette de Marcory, un quartier résidentiel d’Abidjan, partage cette période de carême avec son épouse. «Nous nous réveillons chaque matin à 6 heures pour prier pendant une trentaine de minutes». «Nous disons merci à Dieu d’avoir veillé sur nous pendant la nuit, et lui demandons de bénir nos activités de la journée». Donatien et son épouse ont décidé, durant carême, de réduire de 30’000 F à 20’000 F (75 à 50 frs) leurs dépenses mensuelles en nourriture. Ils se limitent à un seul repas par jour, le dîner. Le couple abidjanais jeûne également les mercredi et vendredi. Dans tous les cas, leur budget est considérablement réduit durant carême. Ils mettent de l’argent de côté pour en offrir aux démunis au jour de Pâques ou faire un don à la Caritas. (apic/ibc/bb)

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