Rome: Audience générale de Jean Paul II
Rome, 31 mars 2004 (Apic) Le pape Jean Paul II a présidé l’audience générale du mercredi sur la place Saint-Pierre le 31 mars 2004, au lendemain d’une mise en garde, par les services secrets américains, d’une menace d’attentat pour la période pascale.
Le pape est arrivé sur la place dans sa jeep décapotable, sans aucune protection particulière et visible, alors que 14’000 personnes l’attentaient. Selon la presse italienne du 31 mars 2004 – reprenant l’information donnée par l’agence Adnkronos, le 30 mars 2004 – , la CIA aurait suggéré que Jean Paul II porte, de façon exceptionnelle, un gilet par balles durant les célébrations Place Saint-Pierre et lors des grands rassemblements des fêtes de Pâques.
«Il n’y a aucune alarme dans l’absolu», a tenu à souligner Joaquin Navarro Valls, porte-parole du Saint-Siège, qui a souligné qu’il «n’était pas dans son habitude de commenter les questions regardant la sécurité du pape que les informations soient vraies ou fausses». Quant à la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, interrogée par le quotidien «La Repubblica», elle a démenti ses rumeurs. «Il n’y a pas eu de communications particulières de la part des services secrets ces dernières semaines».
Les stratèges américains, mais aussi européens, considèrent Pâques comme une date particulièrement à risque quant à d’éventuels attentats terroristes contre Karol Wojtyla et le Vatican. En effet, Pâques tombe cette année un 11 avril, date symbolique après les attentats des 11 septembre 2000 et du 11 mars 2004. Par ailleurs, les pâques catholiques, orthodoxes et juives tombent très exceptionnellement cette année à la même période.
Ainsi l’hypothèse d’une attaque terroriste des fondamentalistes islamistes sur le Vatican continue de constituer un cas d’école pour experts ou pseudos experts, pour les analystes des services d’espionnage. Ils estiment que le Vatican serait un objectif possible afin d’humilier le plus grand symbole religieux de l’occident.
Pas de motif réel
Au Vatican, on estime que le terrorisme islamiste plus stratégique et politisé ne devrait pas considérer le pape parmi les «ennemis de l’islam». Les positions fermes de Jean Paul II contre une guerre unilatérale en Irak, la situation en Terre Sainte, contre le terrorisme et la logique de représailles, le démontrent largement.
Pourtant, selon le cardinal Renato Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix, «la folie incontrôlable du terrorisme» suppose qu’on ne peut exclure les actes les plus imprévisibles et dangereux.
Depuis les attentats de Madrid du 11 mars 2004, la sécurité a été renforcée autour de la Cité du Vatican. Depuis plusieurs mois déjà, la circulation et le stationnement nocturne sur la grande avenue qui mène à la Place Saint-Pierre sont interdits, le contrôle lors des cérémonies et audiences pontificales a été renforcé, ainsi qu’à l’entrée des Musées du Vatican. Le Saint-Siège est informé des risques terroristes par différents canaux, soit directement par les services secrets étrangers, soit par le biais des ambassades et services italiens.
Le refus du gilet
Jean-Paul II a toujours refusé de porter un gilet par balles, même après l’attentat de Ali Agca le 13 mai 1981 et durant son voyage en Terre Sainte pour le Jubilé de l’an 2000, et ceci malgré l’insistance du gouvernement israélien. La seule protection que le pape accepte, est l’utilisation occasionnelle et discrète de vitres blindées. Ce serait le cas du lutrin translucide qu’il utilise lors de la récitation de l’Angélus le dimanche, depuis la fenêtre de ses appartements.
Lors des fêtes de Noël 2003, des rumeurs similaires de risques d’attentats sur le Vatican avaient été diffusées dans la presse italienne. La Secrétairerie d’Etat avait alors reconnu être informée de ces menaces et souligné qu’elle collaborait avec les autorités civiles et militaires italiennes. Selon les autorités de la péninsule, le survol de Rome par avion fut provisoirement interdit. Des avions de chasse et des hélicoptères spécialisés dans l’interception avait été, en outre, placés en état d’alerte.
Ces dernières années, les menaces terroristes vraies ou fausses ont été nombreuses. La plus sérieuse aurait été celle du mois d’avril 1997. A cette occasion le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Angelo Sodano, avait insisté sur la «grande sérénité», motivée par une confiance «en la Providence de Dieu» et dans «le travail intelligent des autorités italiennes». En 1980, les services secrets français avaient informé le Vatican des risques d’attentats contre le pape. (apic/imedia/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/rome-audience-generale-de-jean-paul-ii-3/