Civils mutilés

Ouganda: Cinq personnes massacrées par la LRA

Lira, 1er avril 2004 (Apic) Cinq personnes, dont un enfant de deux ans, ont été massacrées et une jeune femme mutilée avec une extrême barbarie par les rebelles de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) dans le village de Anuria, situé dans le district nord-ougandais de Lira, à 25 kilomètres au nord-est du chef-lieu.

Selon le témoignage apporté à l’Agence Misna par le Père Sebhat Ayele, missionnaire combonien, l’attaque des rebelles remonte à mardi matin. D’après le témoignage de la survivante, Sophia Aphio, recueilli par le missionnaire à l’hôpital de Lira, la jeune femme était allée chercher de la nourriture avec d’autres civils dans la broussaille lorsqu’un groupe a été pris d’assaut par les «Totong» (»bouchers», ainsi sont appelés les rebelles par la population Lango), armés de machettes et bâtons.

Les combattants dirigés par leur leader Joseph Kony leur ont coupé les lèvres et les lobes de leurs oreilles en signe d’admonestation à l’égard des «Amuka», les milices d’autodéfense locales.

«Va voir les Amuka et dis leur que nous sommes ici» a déclaré à la jeune femme le commandant rebelle en ajoutant: «Ne fais pas l’erreur de revenir ici pour recueillir de la nourriture, vas manger celle qu’ils distribuent dans les camps», faisant référence à un «village protégé», ou présumé tel, qui accueille des milliers d’évacués.

«Sophia est encore en état de choc et réussit à grand peine à prononcer quelque parole que ce soit car elle n’a plus de lèvres», explique le Père Sebhat. Les autres victimes sont le mari de la rescapée, une autre jeune avec son enfant et une autre femme avec son conjoint.

Les craintes du missionnaire

Le Père Sebhat, de nationalité érythréenne, secrétaire et porte- parole du Lango religious leaders forum (LRLF, cartel réunissant les chefs des diverses confessions religieuses présentes dans les districts d’Apac et de Lira), a également fait référence à une embuscade tendue par les rebelles contre un véhicule à proximité de Abako, à environ 35 kilomètres à l’est de Lira, suite à laquelle cinq personnes ont été hospitalisées dans le chef-lieu de Lira.

«Notre plus grande préoccupation est que si les gens ne réussissent pas à regagner leurs propres maisons à présent que la saison des pluies recommence, ils ne réussiront pas à cultiver la terre et n’auront pas de quoi se nourrir. Ceci implique que la famine qui afflige ces personnes se poursuivra jusqu’en août 2005», craint le missionnaire. (apic/misna/pr)

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