Bolivie: «Modifiez la loi sur les retraites ou nous nous ferons tous exploser»

L’Etat n’a pas d’argent pour payer les retraites, dit le président

La Paz, 1er avril 2004 (Apic) Les mineurs retraités menacent de suivre l’exemple de leur malheureux collège, mort suicidé en ce début de semaine à La Paz pour protester contre le non paiement de ses rentes. Le président Carlos Mesa, qui a succédé au président Gonzalo Sanchez de Lozada, obligé de prendre la fuite à la suite du soulèvement populaire l’an dernier, reste sourd. Les caisses sont vides, dit-il. Pas pour tous rétorquent les syndicats.

L’Etat bolivien n’a pas de fonds suffisants pour payer leurs retraites et les ex-mineurs menacent de suivre en masse l’exemple d’Eustaquio Pichacui qui, à l’âge de 47 ans, s’est fait exploser impliquant dans son geste extrémiste deux policiers – un colonel et un sous-officier – alors qu’il brandissait des bâtons de dynamite.

«Nous sommes disposés à sacrifier notre vie si la loi en vigueur sur les retraites ne doit pas être modifiée» a déclaré à ce propos Felix Condarco, secrétaire de l’association des ex-mineurs, environ 2’500 sur plus de 30’000 Boliviens qui, après avoir passé deux décennies à creuser dans le coeur des montagnes ou dans un puits, n’ont pas droit aujourd’hui à une retraite, bien qu’ayant régulièrement versé leurs contributions.

Le problème est légal et implique tous ceux qui, dans le passage du système de retraites public à celui privé, approuvé par une loi de réforme de 1996, n’avaient pas atteint le minimum des contributions nécessaires pour bénéficier de la retraite.

Volcan social

Cette situation, dans un pays extrêmement pauvre où les emplois font défaut, risque de faire exploser un véritable «volcan social», vu que, selon Condarco, en ce moment même des ex-mineurs sont en train de se diriger vers La Paz en provenance de tout le pays, sans doute tous armés de dynamite.

«Nous sommes prêts à nous faire exploser individuellement ou en groupe» a dit le secrétaire de l’association syndicale. Le président Carlos Mesa, qui assistait à un matche de football au moment du suicide de Pichacui survenu à proximité du Parlement, a déjà fait savoir qu’avec un déficit fiscal d’environ 8% du produit intérieur brut (PIB) il n’y a pas d’argent disponible pour payer les retraites des ex-mineurs.

Les caisses sont vides. mais pas pour tous rétorquent les syndicats proches des milieux des mineurs, qui dénoncent là les conséquences d’une politique néolibérale désastreuse, dont seuls les nantis tirent profit. (apic/misna/pr)

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