Le Vatican souhaite entretenir la dynamique de la réforme liturgique du Concile Vatican II
Rome, 2 avril 2004 (Apic) Le Vatican souhaite entretenir la dynamique de la réforme liturgique du Concile Vatican I, a déclaré le cardinal Francis Arinze. La Congrégation pour la discipline des sacrements qu’il préside avait réuni un colloque international en décembre dernier à Rome, colloque où, a-t-il dit, les participants avaient pris «acte des initiatives pour faire front aux abus qui se sont manifestés» en matière de liturgie.
Lors d’une conférence de presse organisée au Vatican le 2 avril 2004, le cardinal Francis Arinze, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, a souhaité donner un nouvel élan à la réforme liturgique du Concile Vatican II en promouvant les actes d’un colloque organisé le 4 décembre 2003 pour les 40 ans du décret conciliaire «Sacrosanctum concilium».
Au cours de son intervention, le cardinal nigérien a souligné «l’importance d’un examen de conscience sur la manière dont l’Eglise catholique a suivi les directives de ce document conciliaire». Tout en voulant «témoigner de la validité des directives du Concile, la Congrégation pour la discipline des sacrements a souhaité, lors de ce colloque international qui avait réuni de nombreux cardinaux, «prendre acte des initiatives pour faire front aux abus qui se sont manifestés, en contraste avec les souhaits et les directives du concile et du magistère au long des quarante années».
«Ces réflexions, a-t-il ajouté, devraient aussi être une aide pour ceux qui, parfois, sont tentés de perdre confiance dans l’Eglise en raison d’abus vrais ou supposés tels, mais aussi pour ceux qui introduisent des idiosyncrasies – parfois considérées comme une inculturation – dans la liturgie sacrée ou qui refusent par principe les directives du Concile Vatican II».
«La liturgie n’est pas un champ de bataille»
Répondant à une question sur les critiques négatives parfois émises contre la liturgie pontificale et sur le fait que le domaine de la liturgie ressemble parfois à un champ de bataille, le cardinal Arinze a affirmé en souriant que «la liturgie n’est pas un champ de bataille mais un culte rendu à Dieu !». Il a ajouté que l’»on ne peut empêcher les hommes d’avoir des opinions. L’Eglise est vivante. Elle n’est pas un frigidaire ecclésiastique ou un des musées du Vatican».
Concernant le document demandé par Jean Paul II sur les abus liturgiques en matière eucharistique dans son encyclique «Ecclesia de eucharistia», il n’a pas souhaité donner une date précise de publication, soulignant que les journalistes «seraient les premiers informés» et qu’une autre conférence de presse sera organisée à cette occasion. Au Vatican, après avoir annoncé une publication avant la fin de l’année 2003, puis pour le mois de février 2004, on affirme qu’il pourrait voir le jour fin avril ou au mois de mai, mais on précise qu’il ne devrait pas contenir de grandes nouveautés en matière normative.
«L’action contemplative» de la liturgie»
Pour le numéro deux de la congrégation, Mgr Domenico Sorrentino, le volume des actes de la journée d’étude du mois de décembre est «commémoratif», mais aussi «programmatique» dans la mesure où «il met en lumière les nouveaux défis qui interpellent l’Eglise et touchent la liturgie de notre temps». Trop souvent, a-t-il regretté, le Concile Vatican II apparaît dans l’imaginaire collectif avec un sens de la nouveauté trop marqué». Soulignant «le besoin croissant de contemplation» dans la société actuelle, imprégnée «par les
méthodes de méditations orientales», il a insisté sur «l’action contemplative» de la liturgie et la nécessité de faire croître, dans la liturgie, «l’expérience du silence». Il a cependant précisé que ce serai! t «fausser la liturgie que de la priver de son rapport avec le vécu humain, au nom de son appartenance au sacré». «Le Dieu biblique est certes le Dieu trois fois saint, a-t-il conclu, mais il est aussi le Dieu de l’incarnation, profondément inséré dans l’histoire de l’homme». Les actes du colloque, intitulé «Spiritus et sponsa», sont disponibles auprès de la Librairie éditrice du Vatican. Outre la Lettre apostolique de Jean Paul II «Spiritus et sponsa» datée du 4 décembre, et son texte (chirographe) sur la musique sacré daté du 22 novembre 2003, les actes contiennent les interventions des cardinaux Francis Arinze, Eugene George, Joachim Meisner, Christian Tumi et Ivan Dias. (apic/imedia/pr)
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