Rome: Le Saint-Siège n’admet pas la nouvelle arrestation d’un évêque chinois

« Inadmissible » incarcération de Mgr Jia Zhiguo

Rome, 7 avril 2004 (Apic) Le Vatican a dénoncé mercredi en termes vifs l’arrestation de Mgr Jia Zhiguo, un évêque catholique âgé de 69 ans déjà incarcéré par le passé pendant environ 20 ans, la qualifiant d’ »inadmissible ». Mgr Jia Zhiguo a été arrêté lundi et emmené par des membres de la police secrète chinoise.

« Encore une fois un membre de la hiérarchie catholique vient d’être privé de la liberté personnelle sans aucune motivation judiciaire » a déclaré Joaquin Navarro-Valls, porte-parole du Saint-Siège, dans un communiqué de presse daté du 7 avril 2004.

Le directeur de la salle de presse du Vatican réagissait à l’incarcération de Mgr Jia Zhiguo, le 5 avril 2004.

« Ce n’est pas admissible dans un Etat de droit qui déclare garantir ’la liberté religieuse’ et ’respecter et préserver les droits de l’homme’ », a poursuivi Joaquin Navarro-Valls au sujet de cette nouvelle arrestation d’un évêque par le gouvernement chinois.

Le Saint-Siège a appris par voie de presse l’arrestation de Mgr Zhiguo par la police chinoise. L’évêque âgé de 69 ans, déjà incarcéré par le passé pendant 20 ans, est à la tête de l’Eglise souterraine – qui reconnaît le Vatican – de la province du Hebei au nord du pays.

Cette région qui entoure Pékin, compte une forte et dynamique communauté catholique clandestine. Par ailleurs, Mgr Jia Zhiguo s’occupe à son domicile d’une centaine d’orphelins.

L’information d’une nouvelle arrestation par les autorités chinoises d’un évêque de « l’Eglise du silence » a été donnée par la fondation américaine du « Cardinal Kung ». Cette organisation qui défend la liberté religieuse déplore que la Chine, qui est en voie d’inscrire la notion de droits de l’homme dans sa constitution, « ne mette pas en pratique ce qu’elle déclare en théorie ».

Nombreux ecclésiastiques emprisonnés

Cette arrestation fait suite à celle de Mgr Wei Jingyi, évêque de Qiqihar (région du Heilongjiang), le 9 mars 2004 et libéré une semaine plus tard. Cette nouvelle avait elle déjà fait l’objet d’une déclaration particulièrement vive de Joaquin Navarro-Valls. Ce dernier avait du reste déclaré que « s’il existe des chefs d’accusation contre l’évêque arrêté, ils doivent être rendus publics, comme dans tout Etat de droit ». Mgr Wei Jingyi a été libéré le 14 mars.

Selon l’agence Asia News, environ 50 évêques et prêtres, ainsi qu’une vingtaine de religieux, seraient actuellement incarcérés dans les geôles chinoises. Les arrestations de religieux clandestins par les autorités chinoises interviennent souvent dans les périodes de grandes fêtes religieuses, comme Pâques.

La Chine compte entre 12 et 15 millions de fidèles catholiques – bien qu’aucune statistique ne soit réellement fiable -, répartis entre une communauté « patriotique » ou officielle, et une communauté « souterraine » ou clandestine. Le Saint-Siège reconnaîtrait cependant les deux tiers des évêques de l’Eglise officielle chinoise.

Les relations entre la Chine et l’Etat du Vatican ont été interrompues en 1957 à la suite de l’excommunication par le pape Pie XII de deux évêques nommés par le régime communiste. Le Vatican avait alors établi des relations avec Taiwan.

Pékin conditionne le rétablissement des rapports à la rupture des relations du Vatican avec Taïwan ainsi qu’à l’engagement du Saint-Siège à ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures chinoises. (apic/ag/imedia/pr)

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