Message pascal de Jean Paul II au monde
Rome, 12 avril 2004 (Apic) Le pape Jean Paul II a appelé dimanche à Rome l’humanité à résister au «phénomène inhumain» du terrorisme. Dans son message de Pâques, le pape a également appelé les institutions internationales, dont l’ONU, «à hâter la résolution» des crises, notamment en Irak.
Jean Paul II, qui est apparu fatigué après une semaine éprouvante et plusieurs jours de célébrations pascales, a aussi invité les chrétiens, les juifs et les musulmans à mettre en oeuvre ensemble «des projets de coopération et de paix».
Jean Paul II a vivement appelé à «résister au phénomène, inhumain et malheureusement répandu du terrorisme» et a engagé les institutions internationales à résoudre rapidement la crise internationale, dans son message lu lors de la bénédiction Urbi et Orbi, Place Saint-Pierre, le 11 avril 2004.
Le terrorisme a déclaré le pape, un mois exactement après les attentats de Madrid, «est une négation de la vie, qui trouble et rend peu sûre l’existence quotidienne de tant de personnes qui travaillent et qui sont pacifiques». Le pape a appelé «les hommes de bonne volonté» à s’engager résolument contre ce fléau.
Le pape a ensuite appelé «les institutions nationales et internationales à hâter le temps de la résolution des difficultés actuelles», pour favoriser «la progression vers une organisation plus ordonnée et pacifique du monde». «Que l’action des responsables trouve garantie et soutien pour parvenir à une résolution satisfaisante des conflits persistants, qui ensanglantent certaines régions d’Afrique, l’Irak et la Terre Sainte», a martelé fermement Jean Paul II, souhaitant que «tous ceux qui se considèrent fils d’Abraham redécouvrent la fraternité qui les lie et qui les pousse à mettre en oeuvre des projets de coopération et de paix».
Le pape a appelé à ce que «la culture de vie et de l’amour rende vaine la logique de mort» pour «l’avènement d’un monde plus juste et plus solidaire». «C’est le devoir et la tâche de tous de le construire avec une lucidité patiente et empressé», a conclu Jean Paul II.
Psaumes byzantins
40’000 personnes environ ont suivi la messe pascale Place Saint- Pierre, où les contrôles policiers étaient renforcés. Tôt dans la matinée du 11 mars 2004, des brigades antiterroristes italiennes sont venues inspecter les lieux avec des chiens renifleurs.
A la place de l’homélie, un choeur de prêtres russes s’est avancé vers le pape pour chanter des psaumes byzantins. En effet, comme Jean Paul II l’a souligné lors de la bénédiction Urbi et Orbi, les chrétiens d’Orient et d’Occident célèbrent cette année de façon exceptionnelle Pâques le même jour. Durant la cérémonie, ces églises d’orient et d’occident ont été appelées à «s’unir dans l’édification de la paix». Enfin, Le pape a souhaité, à la fin de sa bénédiction, qu’un tel événement oecuménique puisse se reproduire chaque année.
Avec des fleurs et des couleurs
Le pape a ensuite donné sa bénédiction dans 62 langues, dont le luxembourgeois, le maori et le mongol. La Place Saint-Pierre était magnifiquement fleurie de tulipes, azalées et rhododendrons. Les couleurs jaune et blanche du Saint-Siège dominaient la composition. Comme depuis 1985, c’est une coopérative des horticulteurs hollandais qui prépare cet hommage au pape, dès le mois de septembre.
Au cours de cette cérémonie pascale, le pape est apparu en bonne forme, malgré la fatigue, souriant devant un petit chinois qui avait des difficultés à monter les marches pour recevoir sa bénédiction. La célébration était diffusée par 86 télévisions, dans 54 pays des cinq continents. A la fin de celle-ci, le pape a effectué un tour de la Place Saint-Pierre dans sa jeep découverte, embrassant les enfants qui lui étaient présentés.
Veillée pascale
La veille, Jean Paul II avait présidé dans la soirée du 10 avril 2004, en la basilique Saint Pierre, la veillée pascale commémorant la résurrection du Christ. Le pape est alors apparu plus fatigué que les jours précédents, éprouvé, semble-t-il, par les célébrations de la semaine sainte.
Cette célébration a vu la bénédiction du feu et la préparation du cierge pascal. La messe a été concélébrée par 24 cardinaux. Le pape a personnellement baptisé sept personnes venues d’Italie, du Japon et du Togo. «Vos origines, a-t-il souligné, rendent manifeste l’universalité de l’appel au salut». «Par le baptême, vous ferez partie de l’Eglise, qui est un grand peuple en marche, sans frontières de races, de langues, de cultures. Un peuple appelé à la foi depuis Abraham et destiné à devenir une bénédiction au milieu de toutes les nations de la terre». Au moment du Gloria, les cloches de la basilique Saint-Pierre, suivies par celles de Rome, ont, les premières, annoncé au monde la Résurrection.
Enfin, le président de la République italienne, Carlo Azeglio Ciampi a souligné dans son traditionnel message pascal au pape, le 10 avril 2004, la nécessité d’un «engagement des Nations Unies» en Irak, face à la violence croissante dans ce pays.
Le président italien a salué «la cohérence et la détermination» avec lesquelles Jean Paul II conduit son action, estimant qu’elle constitue «pour les croyants comme pour les non-croyants une référence essentielle pour ne pas baisser les bras face aux guerres, aux abus et à la précarité d’un avenir orienté trop exclusivement vers des objectifs immédiats et égoïstes».
Le gouvernement italien a soutenu la guerre américaine en Irak et a envoyé sur place un contingent de quelque 3’000 hommes, auquel le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a rendu visite le 10 avril 2004.
Jean Paul II avait exprimé pour Pâques l’année dernière sa crainte d’un «affrontement dramatique entre cultures et religions», à cause de ce conflit auquel il avait en vain tenté de s’opposer.
Le Chemin de Croix de Jean Paul II entre deux averses au Colisée
Le pape avait présidé le traditionnel Chemin de Croix au Colisée dans la soirée du 9 avril 2004. Les fidèles se sont pressés moins nombreux que l’année dernière pour suivre la Via Crucis. Ils étaient fouillés à l’entrée du site par les 200 agents italiens chargés de la sécurité. Par ailleurs, des tireurs d’élite étaient postés au troisième étage de l’amphithéâtre flavien.
Les fidèles étaient réunis entre le Colisée et le podium du temple antique de Vénus, où se trouvait le pape. La pluie s’est arrêtée dix minutes avant le début de la cérémonie et a repris immédiatement après que Jean-Paul II soit remonté dans sa voiture.
C’est le cardinal Camillo Ruini, vicaire de Rome, qui a porté le premier la croix. Il l’a ensuite confiée à un frère franciscain, de la custodie de Terre-Sainte. Une famille romaine a poursuivi ce Chemin de Croix, puis une femme originaire des Caraïbes, un prêtre californien, une religieuse indienne et un Jordanien de Amman. Une religieuse du Burundi a ensuite porté la croix, flanquée de deux porteurs de cierges, pour les 10e et 11e stations. Enfin, c’est une jeune pensionnaire de l’académie espagnole à Rome, originaire de Madrid, qui a confié la croix à Jean-Paul II, pour la 14e et ultime station. Suite à son état de santé, le souverain pontife ne porte plus debout la croix réalisée dans un bois exotique très léger, qui permet à quiconque de la tenir sans difficulté.
Sécurité
La Chemin de Croix du pape a été retransmis en direct par environ 65 télévisions et dans une quarantaine de pays, des cinq continents. Dans le même temps, neuf cérémonies similaires se déroulaient dans des quartiers de Rome. Pour protéger la zone du Colisée, l’avenue qui y conduit a été interdite à la circulation, 12 lignes de bus déroutées et la station de métro fermée. PR
Encadré
Blocus israélien: les chrétiens rares à Jérusalem pour Pâques
Plusieurs centaines de pèlerins ont assisté dimanche à la messe de Pâques dans la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem, déçus que de nombreux chrétiens palestiniens des territoires occupés n’aient pu obtenir l’autorisation de les rejoindre. Le patriarche latin Michel Sabbah a conduit les prières dans la basilique, construite selon la tradition à l’endroit où Jésus-Christ a été crucifié. Il avait préalablement mené une procession de fidèles, munis de bougies, à travers les rues de la Vieille ville. Les célébrations ont été marquées par l’absence de nombreux chrétiens palestiniens qui n’ont pu recevoir d’autorisations de voyage de la part des autorités israéliennes, à la suite du blocus israélien imposé aux territoires occupés, au moment où les juifs d’Israël fêtent également la Pâque juive. Quant aux touristes étrangers, qui avaient l’habitude d’affluer par milliers dans la ville sainte pour Pâques, ils étaient une nouvelle fois absents, pour la quatrième année consécutive, depuis le déclenchement de l’intifada, en septembre 2000. (apic/ag/imedia/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse