Nouvel appel face au mutisme de la communauté internationale

Ouganda: Les chefs religieux plaident pour la paix dans le nord du pays

Kampala, 12 avril 2004 (Apic) Les chefs religieux de l’Ouganda ont appelé dimanche au dialogue entre le gouvernement et la rébellion de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) active dans le nord du pays. En mars dernier déjà, les leaders religieux Acholi, dans le nord du pays, avaient invité la communauté internationale à l’action. En vain.

«Depuis près de deux décennies, nous (l’Eglise) appelons les Ougandais résolus à détruire la vie, la culture et les biens de nos frères et soeurs à recourir à des moyens pacifiques pour résoudre les désaccords», a déclaré le cardinal catholique Emmanuel Wamala lors d’une messe dans la cathédrale de Lubaga, dans la banlieue ouest de Kampala. «Malheureusement, jusqu’à présent, ils n’ont pas tenu compte de notre appel. Puissent ces fêtes de Pâques apporter un changement dans leurs coeurs et faire d’eux des hommes et des Ougandais», a poursuivi Wamala.

Le cardinal a rappelé le génocide du Rwanda, dont on a commémoré le 10e anniversaire. Un génocide qui a vu la communauté internationale être spectatrice des massacres, a-t-il dit. Avant de s’interroger: «Devons nous attendre un génocide dans le nord de l’Ouganda…?»

En mars, les leaders religieux Acholi, région du nord de l’Ouganda soumise aux attaques meurtrières et incessantes des rebelles de l’Armée de résistance du seigneur (LRA), avaient déjà sollicité l’intervention internationale face à l’impuissante de Kampala de protéger les populations locales.

«Nous adressons un appel au gouvernement de l’Ouganda pour qu’il déclare le nord du pays zone sinistrée et pour demander l’intervention de la communauté internationale afin qu’elle mette fin à la guerre», avaient une vingtaine de leaders religieux de la communauté Acholi, Lango et Teso.

Intolérable

Les récents massacres de Abia et Barlonyo (presque 300 victimes civiles au total), perpétrés par les rebelles de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) «sont des crimes qui représentent une injure à Dieu», avaient dénoncé les leaders religieux. Ces derniers s’inquiétaient aussi de «l’intolérable situation humanitaire» qui frappe environ 2 millions de personnes évacuées. Rassemblées dans des camps «inadéquatement protégés» par l’armée ougandaise, ces personnes ont besoin d’une intervention urgente.

Dimanche dernier, le chef de l’Eglise anglicane en Ouganda, l’archevêque Henry Orombi, a également demandé à la LRA de mettre un terme à la violence et de rechercher une solution pacifique au conflit. «Combien de temps encore allons nous continuer à voir couler le sang des Ougandais? Jésus a souffert de la violence, pour que l’humanité puisse vivre en paix», a-t-il dit.

La LRA, créée en 1988 et qui sévit surtout dans le nord de l’Ouganda, affirme vouloir remplacer le gouvernement du président Yoweri Museveni par un régime fondé sur les Dix commandements de la Bible. Elle est réputée pour des atrocités commises contre des civils et des enlèvements d’enfants, transformés en soldats ou en esclaves sexuels.

Le nombre de ses victimes, selon l’Agence missionnaire Misna, s’élève au moins à 100’000 morts et à plus de 20’000 enfants enlevés. (apic/ag/minsa/pr)

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