Une décision sans conséquences?

Suisse: Les Centres sociaux protestants renoncent au label Zewo

Lausanne, 15 avril 2004 (Apic) Les quatre Centres sociaux protestants (CSP) ont renoncé au Zewo, indique Protestinfo, dans un article publié jeudi par le quotidien « La Liberté » à Fribourg. Zewo est le label de qualité arboré par quelque 300 organisations d’utilité publique disposant d’un siège social en Suisse, le seul garantissant transparence financière et utilisation efficace des dons.

Motif: les quatre centres ne remplissent plus les conditions dudit label et en sont donc privés. Pour leurs directeurs, cette décision aura peu de conséquences

Les CSP figuraient pourtant au rang des fondateurs de l’association Zewo. Il y a deux ans, explique Protestinfo, celle-ci s’est transformée en fondation indépendante changeant les données: la certification n’est plus attribuée ad aeternam, mais seulement pour cinq ans et selon des critères draconiens.

Les CSP ne peuvent tout simplement pas se soumettre à ses nouvelles normes, à moins de s’engager dans de profondes et coûteuses restructurations. D’où ce choix qualifié de commun par les directions. En effet, même s’ils partagent une même dénomination et sont issus d’une égale volonté sociale de la part des Eglises réformées, les quatre organismes romands (il n’existe aucun CSP en Suisse alémanique) présentent des structures fort différentes. Si Vaud et Genève sont constitués en associations, Neuchâtel et Berne-Jura demeurent directement liés aux institutions ecclésiales.

Du coté des CSP, on note qu’il eût été absurde de modeler les centres en fonction des exigences du label, en « inversant leur logique qui consiste à favoriser des ancrages régionaux forts et non une suprastructure romande ».

Choix étonnant?

Selon Protestinfo, au sein des CSP, tout le monde semble convaincu que cet abandon ne gênera personne. Le choix, pourtant, étonne. Parmi les autres organismes d’entraide d’origine réformée, les avis sont partagés. A Pain pour le prochain (PPP), Théo Buss explique: « Notre réviseur utilise les critères de ce label qui pour nous revêt une grande importance, notamment pour nos campagnes de fonds ». C’est ainsi qu’il y a deux ans, le processus de fusion avec l’Entraide protestante suisse (EPER) fut, selon lui, bloqué « en grande partie pour ne pas perdre l’une de nos deux certifications ».

A l’EPER justement, on se montre davantage critique. « Dans le climat actuel de suspicion envers l’asile et les milieux humanitaires, au moment où l’on nous demande des comptes sur l’utilisation de nos ressources, le Zewo constitue une bonne réponse, même si elle est incomplète. En sortir n’est pas une bonne idée», estime la chargée de communication Marianne Tellenbach.

Les prix ont pris l’ascenseur

Le Zewo a été créé en 1936 par les Oeuvres d’entraide elles-mêmes, puisque jusqu’en 2001 toutes celles qui récoltaient des fonds en étaient membres. La plupart d’entre elles regroupent leurs organes centraux en Suisse alémanique.

Désormais, de stricts critères visent à protéger les donateurs et à assurer la crédibilité des oeuvres: comptabilité vérifiée par une fiduciaire agréée, comité bénévole, dons affectés aux buts annoncés avec un maximum à ne pas dépasser pour les frais administratifs. Le prix de la certification a naturellement pris l’ascenseur, de 3’000 à 10’000 francs environ, « selon la complexité des structures. Ce qui n’avantageait pas vraiment les CSP », reconnaît-on côté Zewo. (apic/proinfo/lib/pr)

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