Rome: Le nonce apostolique à Bagdad critique la politique américaine en Irak.
Rome, 15 avril 2004 (Apic) Le nonce apostolique à Bagdad a critiqué la politique américaine en Irak. « Les Américains ne sont plus maîtres de la situation et je ne sais pas s’ils réussiront à la reprendre en main », a affirmé Mgr Fernando Filoni dans le quotidien italien « Il Giornale » du 15 avril 2004.
Effectuant un bilan critique de la présence américaine en Irak depuis un an, Mgr Fernando Filoni, nonce apostolique à Bagdad, qui s’est exprimé dans le quotidien italien « Il Giornale » du 15 avril 2004, a expliqué: « A Washington, ils n’ont pas encore compris qu’ils ne seront jamais aimés et que la population irakienne ne tolère pas l’occupation ». Selon le représentant de Jean-Paul II à Bagdad, en poste depuis trois ans: « Les Américains devraient avoir le courage de transférer immédiatement le pouvoir au Conseil du gouvernement ».
Il a poursuivi en déclarant: « L’Irak est un pays qui a eu un chef pendant trente ans. Les Irakiens ont besoin d’un chef qui parle leur langue, de quelqu’un investi d’un rôle, d’une dignité, à qui le pouvoir soit confié juridiquement ». Il a encore douté que l’administrateur civil américain puisse assurer ce rôle, comme le rapporte « Il GIornale ».
« Si le gouverneur sortait de son bunker et se promenait dans la ville, il comprendrait lui aussi que les choses ne vont pas bien », a par ailleurs expliqué le diplomate, qui n’a jamais quitté l’Irak depuis son arrivée, y compris pendant la guerre, malgré les menaces et les bombardements.
La situation s’est encore détériorée
« En un an, la situation s’est vraiment détériorée » a-t-il ajouté « Les services essentiels manquent, l’abandon est total, les gens commencent à être fatigués des promesses. Il a cité, pour illustrer son propos, les « va- et-vient du courant l’électrique, le non-fonctionnement des téléphones, les tas d’ordures dans les rues ». Le nonce apostolique a également regretté « le démantèlement de la police et de l’armée, une grave erreur », selon lui. « Les soldats se sont sentis frustrés, humiliés du traitement qu’ils ont reçu », a-t-il encore expliqué.
« Dans le chaos, malheureusement, chacun s’organise comme il peut », a alors affirmé Mgr Fernando Filoni, soulignant que « ceux qui le pouvaient quittaient la ville, comme les chrétiens chaldéens », dont certains se rendent à Mossoul, dans le Nord du pays.
S’attardant sur le manque de sécurité régnant à Bagdad, et sur « la perte du sens des proportions des preneurs d’otage », le nonce a évoqué le problème des otages italiens retenus depuis le 12 avril 2004, dont l’un a été assassiné le 14 avril 2004. Le diplomate s’est engagé à faire le maximum en vue de la libération des otages encore vivants. (apic/imedia/vb)
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