Représenter le Saint-Siège dans les organisations scientifiques

Rome: Le cardinal Sodano préside les 50 ans du Comité pontifical des sciences historiques

Rome, 16 avril 2004 (Apic) Le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, préside les solennités du 50e anniversaire du Comité pontifical des sciences historiques. L’événement a lieu le 16 avril au soir à Rome.

La célébration verra la présence, outre le cardinal Sodano, de Mgr Walter Brandmüller, président du Comité depuis 1998, du salésien Cosimo Semeraro, secrétaire, et de sa trentaine de membres, issus du monde universitaire international.

Selon le président du Comité, interrogé par Radio Vatican le 15 avril, «la finalité de notre groupe est de représenter le Saint-Siège au sein des organisations internationales scientifiques, en particulier à la Commission internationale d’histoire ecclésiastique». «Le travail du Comité se déroule lors de séances plénières à Rome, deux ou trois fois par an, et surtout à travers les multiples contacts avec les organismes scientifiques et universitaires internationaux auxquels appartiennent les membres du Comité pontifical», a expliqué Mgr Brandmüller.

«L’intérêt d’appartenir au Comité est d’être proche de la manière scientifique dont le Saint-Siège considère l’activité des universitaires autour de l’histoire de l’Eglise et de ses archives», a déclaré à l’Apic le professeur Philippe Levillain, membre du Comité pontifical, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-X-Nanterre et membre de l’Institut universitaire de France.

«La présence du cardinal Sodano ce soir marque bien l’importance que la secrétairerie d’Etat accorde au Comité», a poursuivi l’auteur du Dictionnaire historique de la papauté. «Il y a au sein de ce groupe une représentation internationale et pondérée : un Américain, un Espagnol etc.. Les membres, nommés par le pape – dont deux Français et deux femmes -, sont le plus généralement reconduits dans leur charge tous les cinq ans jusqu’à leur 80e anniversaire», a poursuivi l’historien français.

Entière liberté de parole

«Nous travaillons en italien sur l’actualité historique en cours et les grands anniversaires de l’Eglise (pontificat de Léon XIII – 1878-1903-, sac de Constantinople par les croisés – 1204 -). Nous avons une entière liberté de parole. Il n’y a jamais d’affrontement direct entre les membres laïcs et religieux du Comité, tout se passe de façon très feutrée», souligne Philippe Levillain. «Nous nous penchons souvent sur la question des archives du Saint-Siège. Mais, par exemple, il n’y a jamais eu aucun débat au sein du Comité sur les archives de Pie XII», regrette le professeur.

Tous les cinq ans et depuis 1938, une délégation du Comité se rend au Comité international des sciences historiques, qui se tiendra à l’automne prochain à Sydney. Les actes des colloques organisés par le Comité pontifical sont publiés en italien par la Librairie éditrice vaticane et sont une référence en matière d’historiographie de l’Eglise. On peut ainsi citer la publication des travaux des tables-rondes sur «Le primat du successeur de Pierre» ou «La contribution des sciences historiques à l’interprétation du Nouveau Testament».

Fondé par Pie XII en 1954

Le Comité pontifical des sciences historiques a été fondé par Pie XII le 7 avril 1954. Il a remplacé la commission cardinalice mise en place par Léon XIII en août 1883 pour l’étude des sciences historiques, alors que ce pape avait décidé l’ouverture des Archives Secrètes Vaticanes en 1880. Pour le professeur Levillain «c’est une re-fondation, par Pie XII, d’une institution assoupie. L’importance du geste du pape Pacelli, est d’avoir introduit des laïcs à côté des clercs».

Depuis 1988, il y a au sein de la curie deux comités pontificaux, à qui sont confiés certains domaines très particuliers d’intervention. Ainsi, outre le Comité pontifical des sciences historiques, il existe le Comité pontifical pour les congrès eucharistiques internationaux qui assure la préparation des grands congrès eucharistiques à travers le monde.

Jean Paul II a depuis le début de son pontificat marqué son intérêt pour les sociétés savantes, dont le Comité pontifical pour les sciences historiques et les académies pontificales. On compte ainsi l’académie d’archéologie, celles des sciences, de théologie, puis celles de Saint- Thomas-d’Aquin, de l’Immaculée, de liturgie, enfin l’académie artistique des virtuoses du Panthéon et l’académie mariale internationale.

Ces sérails sont des lieux d’échanges et de recherches où les antagonismes idéologiques sont souvent dépassés. C’est l’académie des sciences qui tient le rôle le plus éminent parmi ces institutions. Jean Paul II a institué deux nouvelles académies en 1994, celle des sciences sociales et celle pour la vie, portant ainsi leur nombre à 10. Deux femmes sont respectivement à la tête de l’académie pontificale d’archéologie et de celle des sciences sociales. (apic/imedia/bb)

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