A la découverte des lieux de prière et de ressourcement en Suisse romande (XXI)
Develier : Notre-Dame de l’Unité
Lors de la construction du dernier monastère de contemplatives de Suisse, la situation du Jura donnait au mot «unité» une résonance politique sensible. Les 17 premières carmélites venues du Midi de la France, après une étape intermédiaire à Middes, dans le canton de Fribourg, sont entrées le 19 mai 1980 dans ce bâtiment flambant neuf. Elles l’appelèrent: ND de la Solitude. Ce n’est que le 15 août 2000 qu’elles purent le rebaptiser comme souhaité au départ: ND de l’Unité, exprimant ainsi leur aspiration à rejoindre le désir du Seigneur: «rassembler dans l’unité, les enfants de Dieu dispersés».
Aux portes de Delémont, en lisière d’une forêt limitant de vastes prairies, voici le monastère aux lignes modernes. Béton et verre, un dépouillement en accord avec l’esprit et la simplicité des lieux. A l’intérieur les murs blancs contrastent avec le dallage de briques rouges. La lumière tombe sur des fleurs printanières. A l’église, une grille sépare le choeur des moniales du reste de l’édifice; on la retrouve dans les parloirs. «Nous accueillons la clôture totale et nous cherchons à la rendre vivante, la mettant au service d’une prière pour tous, avec tous.»
Actuellement, la communauté compte 22 carmélites, dont 10 Suissesses, avec l’apport dynamique de 2 postulantes et de 4 novices. Pourquoi les jeunes sont-elles attirées par la vie contemplative ? «Dans la société actuelle envahie par le bruit et la parole agressive, explique Soeur Allison, qui prononcera sa profession solennelle en juillet prochain, le silence a quelque chose de fascinant. Au monastère, il y a un lien, un alliage entre le silence et la vie d’une communauté. Cela interpelle. La vie contemplative permet d’entrevoir le sens de la vie, de rejoindre le Maître de cette vie. C’est dans le silence qu’on trouve le Seigneur; et dans la communion de ceux qui s’aiment, il se laisse voir. Pour celles qui s’engagent à vivre au sein d’une telle communauté, il y a cependant plus qu’un attrait. Il y a un appel, une évidence de ne pouvoir devenir soi qu’en ce lieu. Cette démarche reflète un besoin de notre temps, de notre histoire humaine. Les jeunes d’aujourd’hui sont affamés de sens.»
Thérèse d’Avila insistait sur l’importance du silence et de la récréation. Ces deux dispositions sont enracinées dans la vie carmélitaine. En plus des sept prières liturgiques communautaires, les carmélites de Develier (reliées historiquement à la Fédération carmélitaine d’Avignon-Lyon), observent deux heures d’oraison silencieuse et travaillent en silence. Toutefois, elles vivent chaque jour un temps de partage libre qui s’avère toujours très joyeux. Pour assurer leurs moyens d’existence, les moniales traitent dans leur blanchisserie le linge de restaurants, d’hôtels et de privés de la région; elles produisent aussi des icônes, des cierges (y compris des cierges de baptême), des objets en bois, des chapelets, des cartes. Les gens du voisinage apprécient la présence de ces priantes. Ils offrent de précieux services et réalisent bénévolement des travaux divers.
Les carmélites assurent l’accueil d’hôtes et de retraitants. A Develier, elles offrent à cet effet 5 chambres et un dortoir, avec possibilité de cuisine autonome. Les hôtes de tout âge proviennent de divers milieux sociaux. Ils habitent la région ou viennent de très loin. Ils aiment partager la prière des carmélites dans l’église conventuelle. Avec elles, ils découvrent l’importance de la prière, singulièrement quand elle se veut au service de l’unité. Paul Jubin
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