Une pratique unanimement condamnée

Yaoundé: Colloque sur le clonage humain

Yaoundé, 19 avril 2004 (Apic) Les participants à une table ronde de l’Université Catholique d’Afrique Centrale (Ucac) ont condamné «sans réserve le clonage humain». Cette rencontre, co-organisée par la nonciature apostolique du Cameroun et la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun avait pour thème: Les enjeux du clonage humain face à l’avenir de l’espèce humaine.

Les participants à une table ronde de l’Université Catholique d’Afrique Centrale (Ucac) ont condamné «sans réserve cette pratique des temps modernes», lors d’un colloque co-organisée par la nonciature apostolique du Cameroun et la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun.

La table ronde, animée par un théologien, un juriste, un sociologue, un médecin et un pharmacien était suivie par de nombreux étudiants, des diplomates, des hommes politiques et de nombreux autres invités. «Le clonage humain est une technique dans laquelle on détruit automatiquement un embryon pour en fabriquer un autre ou tout simplement pour soigner un adulte», ont-ils déploré.

Pour sa part, l’abbé Stéphane Bell, co-modérateur de la conférence, a affirmé: «qu’il soit reproductif ou thérapeutique, dans un cas comme dans l’autre, il y a tuerie». Le quotidien camerounais, «Le Messager», qui a rendu compte des débats, rapporte que Pierre Titi Nwel sociologue, a fait observer que le clonage humain «favorise la naissance d’êtres humains conçus autrement que par la méthode connue et acceptée de tous, c’est-à- dire, à l’issue d’une relation sexuelle entre un homme et une femme». Ainsi a-t-il analysé,» le clonage humain met fin à la notion de paternité, à la notion de filiation dans les sociétés, à la notion d’ascendant, d’ancêtre et de descendant. Il fait disparaître la notion de mère au profit de génitrice, puisque le clone n’a rien de celle-ci, et tient son capital génétique de son double, qui est le donneur de la cellule adulte». Le sociologue s’est aussi montré soucieux du sort du clone qui, «sans famille, sans filiation et sans statut social, aurait une existence plus pénible que celle de la moyenne des gens normaux».

La commercialisation de la procréation est à condamner

Siméon Ombiono, juriste, a mis le doigt sur «la commercialisation de la procréation, une pratique à condamner».Cependant, ont noté des participants, le clonage reproductif est quasiment proscrit partout aujourd’hui, alors que le clonage thérapeutique est toléré pour des raisons médicales. A la fin des débats, le recteur de l’Ucac, Oscar Eone, a réitéré la position du Vatican sur le clonage humain.

Par ailleurs l’Ucac a organisé fin mars dernier un colloque international sur «Religion, tradition et modernité», qui a rassemblé pendant trois jours des spécialistes venus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique. Parmi les communications, celle de l’abbé Antoine Babé, doyen de la faculté de théologie de l’Université, a déclaré: «Tout discours sur Dieu implique une parole sur la réalité humaine et sur le monde». Selon lui, en ce début du 21e siècle, «les incertitudes planent sur une Afrique meurtrie par des siècles d’oppression et de misère et la démocratie s’est mal négociée. Elle s’est inversée en maints endroits. L’équilibre du monde est menacé par la mondialisation et l’Afrique se cherche péniblement. On ne peut dans ce contexte, balayer du revers de la main le fondamentalisme religieux, islamique ou chrétien, qui utilise la religion comme prétexte pour la violence ou le mépris des autres peuples», a-t-il dit en conclusion. (apic/apmc/Ibc)

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