Les catholiques doivent faire un «choix éclairé»
Ottawa, 20 avril 2004 (Apic) Les quelque 12 millions de catholiques canadiens sont appelés à la responsabilité et au discernement en prévision des prochaines élections fédérales 2004, dont le Premier ministre Paul Martin n’a toujours pas annoncé la date.
Même si l’Evangile ne fournit pas directement un programme d’action sociale et politique, les évêques canadiens soulignent qu’en tant que citoyens, les catholiques ont le devoir de s’intéresser à la vie politique. Ils sont tenus de participer au processus électoral et d’exercer leur responsabilité en tenant compte de quelques principes fondamentaux de l’enseignement moral et social catholique. Les catholiques sont ainsi appelés à «promouvoir la vie humaine à toutes ses étapes, de la conception à la mort, quelles que soient les circonstances» et à défendre le mariage et la famille.
La Commission des affaires sociales de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a mis les choses au point lundi 19 avril en publiant un document intitulé «Elections 2004: responsabilité et discernement». Les évêques demandent aux catholiques canadiens de faire un «choix éclairé», notamment en ce qui concerne des thèmes importants comme le respect de la vie et la dignité des personnes, l’appui à la famille et au mariage, l’option préférentielle pour les pauvres et le bien commun.
Ils rappellent à l’instar du pape Jean-Paul II qu’on juge l’étoffe morale d’une société à la façon dont elle traite ses membres les plus vulnérables. «Nous sommes appelés à répondre aux besoins des plus démunis et à agir contre l’injustice. Nous sommes appelés, en particulier, à donner la préférence dans notre vie à ceux et celles qui sont les plus menacés, appauvris et opprimés», écrivent-ils.
En prévision du prochain scrutin fédéral, la population catholique canadienne est donc conviée à mesurer les enjeux, à s’inspirer de l’enseignement moral et social de l’Eglise et à se prévaloir de son droit de vote qu’elle qualifie d’importante responsabilité pour le bien commun de la société.
Accepter les principes de l’enseignement catholique
Les évêques canadiens disent leur conviction que les catholiques doivent avoir fait un discernement clair à partir des enjeux politiques de la société actuelle afin d’exercer pleinement leur responsabilité de voter.
«Il nous semble que les trois conditions pour effectuer ce discernement sont: la connaissance élémentaire et l’acceptation des principes de l’enseignement catholique, une connaissance adéquate des programmes des candidats et un examen attentif de la façon dont les candidats pourront le mieux appliquer les principes auxquels nous sommes le plus attachés.»
Par ce texte, relève la CECC, les croyants se voient offrir un outil de réflexion qui leur permettra de se préparer à l’exercice de la démocratie auquel seront invités les citoyens canadiens en 2004. Il ne s’agit pas ici de présenter un programme électoral à saveur ecclésiale, soulignent les évêques. «Ces quelques principes fondamentaux de l’enseignement moral et social catholique ne constituent pas un programme politique, mais plutôt une lentille à travers laquelle analyser et évaluer les politiques et les programmes publics.»
Mariages homosexuels et fossé grandissant entre riches et pauvres
Le document insiste particulièrement sur quatre grands thèmes: le respect de la vie et la dignité des personnes, l’appui à la famille et au mariage – face à la légalisation des mariages homosexuels -, l’option préférentielle pour les pauvres et le bien commun. Chaque thématique est décrite brièvement et est accompagnée par des références à l’Evangile ou aux déclarations du pape Jean Paul II.
Des questions sont ensuite tirées de cette réflexion, lesquelles peuvent être adressées aux candidats en lice. Elles abordent des sujets d’actualité aussi variés que le débat sur la redéfinition du mariage, l’aide aux familles, l’écart grandissant entre les riches et les pauvres, le manque de logements abordables ou encore de l’accroissement de l’aide internationale aux pays en voie de développement.
Le document rappelle aussi que la participation politique des citoyens ne prend pas fin sitôt les résultats électoraux connus. «Elle peut, au contraire, commencer par là. Des citoyens informés et responsables, qui engagent un dialogue soutenu avec leurs leaders politiques sur les grands enjeux sociaux, sont l’expression du type de collectivités en santé que nous devrions tous et toutes nous efforcer de construire. On n’en attend pas moins de nous puisque nous sommes tous appelés à être vraiment responsables de tous.» «Election 2004: responsabilité et discernement» se trouve sur le site internet de la CECC à l’adresse www.cecc.ca. (apic/cecc/com/be)
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