Paris: La coordination nationale des sans-papiers est accueillie par le Secours catholique
Paris, 21 avril 2004 (Apic) Les sans-papiers disposent désormais à Paris d’un lieu officiel où ils peuvent se réunir. Malgré les mesures adoptées par l’ancien ministre de l’intérieur Sarkozy, les travailleurs immigrés en situation irrégulière sont toujours aussi nombreux et leur situation reste précaire. Ils n’ont pas renoncé à mener des actions d’éclat, comme des occupations d’églises, pour faire évoluer leur situation.
C’est au 13 rue François Miron, dans le IV° arrondissement de Paris, dans l’un des beaux quartiers de la capitale, près de l’église Saint- Gervais et de l’Hôtel de Ville, que la Coordination nationale de sans- papiers dispose enfin d’un local. Financé par la mairie socialiste de Paris à hauteur de 33’000 euros de travaux, il se situe au sous-sol d’une des cinq antennes parisiennes du Secours catholique. C’est avec l’accord du diocèse de Paris que cet organisme caritatif propose ce lieu d’accueil. Un espace logistique (avec photocopieuse et ordinateurs) et un lieu de réunion qui permettra aux sans-papiers de recevoir les personnes en quête d’information et de soutien.
Nouveau recours aux occupations d’églises?
Les sans-papiers entendent poursuivre leur lutte pour la régularisation administrative de ceux et celles qui, depuis la dernière occupation médiatique d’un lieu de culte – la Basilique de Saint-Denis pendant l’été 2002 – ont « recommencé à se terrer », ainsi que l’explique, dans La Croix du 21 avril, Mustapha Hajar, un membre de la Coordination Nationale des sans-papiers. Et de souligner qu’en dépit de l’agitation médiatique et des actions menées par l’ancien ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy – assouplissement des critères de régularisation pour certains « anciens » sans-papiers et reconduction accrue aux frontières des immigrés en situation irrégulière -, il y a toujours autant de travailleurs clandestins en France. La Coordination Nationale affirme qu’elle prépare des actions pour le printemps et l’été. Et elle laisse entendre qu’elle pourrait bien recourir à nouveau aux occupations d’églises. Rien qu’entre 1996 et 1998, une dizaine d’édifices religieux ont été investis par des clandestins. Ces derniers ont été, pour la plupart, assez rapidement délogés par la police. Evacuation parfois musclée comme ce fut le cas pour les centaines de sans-papiers qui ont été délogés le 23 août 1996 de l’église Saint-Bernard à Paris, dans le 18° arrondissement, par 1500 CRS. Et ce, devant les caméras de la télévision.
Pour sa part, le Secours Catholique est sensibilisé de longue date à la situation de ces nouveaux « serfs » que sont les sans-papiers. Sur les 25’000 personnes en difficulté qu’il accueille à Paris, 80 % sont des étrangers ou d’origine étrangère. (apic/jcn/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse