« Nous ne devons pas fuir l’Irak »
Rome, 25 avril 2004 (Apic) « Nous ne devons pas fuir l’Irak et nous devons tout faire pour que les populations perçoivent notre présence de façon positive ». C’est ce qu’a déclaré le cardinal Camillo Ruini, président de la Conférence épiscopale italienne, au journal La Repubblica, le 23 avril.
« Il faut cesser la spirale sanguinaire », a poursuivi le cardinal qui se trouve actuellement à Jérusalem. Le vicaire de Rome a tenu à se rendre en pèlerinage en Terre Sainte, avec un groupe du diocèse de Rome, parce que « le Proche-Orient est en flammes ». « Dans ces terres, les chrétiens peuvent servir de pont, car la vision chrétienne de la vie est fondée sur la réconciliation, le pardon et la paix », a justifié le cardinal Ruini, estimant que la présence chrétienne en Terre Sainte « peut donner aux populations une autre image de l’Occident que celle qui est la leur ».
Pour le prélat, « il est fondamental pour les équilibres internationaux, d’interrompre les attentats, les exécutions sommaires et le conflit armé au Proche-Orient. Il faut reprendre les négociations dans la ligne indiquée par la ’feuille de route’, qui demeure la seule voie possible ». Et le cardinal de témoigner: « J’ai noté avec plaisir qu’au moins dans les zones que j’ai visitées dans le nord de la Galilée, la situation n’est pas aussi dramatique qu’elle ne l’est présentée à l’opinion publique ».
Aucune des parties ne peut prétendre détenir un monopole
Interrogé par le quotidien italien sur le sentiment de se trouver aujourd’hui face à un choc des cultures, le cardinal a répondu que « l’Occident doit comprendre que désormais les nations du Tiers monde ont de grandes ambitions. Nous devons nous confronter à cette nouvelle réalité. Il y a de nouveaux protagonistes au niveau mondial dont les racines et les traditions ne sont pas chrétiennes », par conséquent, selon le président de la Conférence épiscopale italienne, « il est nécessaire de trouver des formes de vie commune positive sans qu’aucune des parties ne puisse prétendre détenir un monopole ».
Dans ce nouveau contexte historique, « il est nécessaire d’élaborer une vision de la présence et du rôle du christianisme. Jusqu’ici la vision du Tiers monde par la communauté chrétienne était celle de la pauvreté et du sous-développement », juge le cardinal, constatant que certains de ces pays sortent de la précarité. « Le point crucial est de savoir le poids que l’Eglise catholique et les autres églises chrétiennes peuvent exercer positivement sur l’Occident et sur le monde chrétien et donc sur les choix politiques et économiques des gouvernements », estime le cardinal, tout en constatant que l’Eglise a toujours eu des difficultés à faire en sorte que les Etats suivent les préceptes chrétiens et non « l’égoïsme national ou l’affirmation de leur hégémonie ».
Chute des visiteurs de Rome en Terre sainte
Par ailleurs, le cardinal a stigmatisé la crise des pèlerinages en Terre Sainte. L’année du Grand Jubilé avait vu, entre le 1er janvier et le 28 septembre 2000, 28’000 pèlerins romains se rendrent sur les Lieux saints. Avec le début de la seconde Intifada, le nombre de visiteurs n’a cessé de chuter. En 2002, constate le cardinal, les Romains furent environ 600 à s’y rendre. Mais, depuis octobre dernier, il y a une reprise, souligne le vicaire de Rome. « Jusqu’à aujourd’hui, nous sommes 3000 à être venus ici ».
Dans sa lettre traditionnelle envoyée dans les diocèses en février 2004 en vue de la collecte du vendredi saint destinée à la communauté catholique de Terre Sainte, le cardinal Ignace Moussa Daoud, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, appelait à intensifier « avec circonspection mais détermination les pèlerinages en Terre Sainte ». Commentant cette lettre sur Radio Vatican, le 5 avril dernier, le cardinal Daoud avait tenu à souligner que l’Eglise italienne était la plus dynamique dans l’aide apportée aux chrétiens de Terre Sainte. (apic/imedia/bb)
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