Violation du principe de séparation entre l’Etat et la religion

Niger: Les magistrats refusent de prêter serment sur le livre saint pour les élections

Niamey, 25 avril 2004 (Apic) Le Syndicat Autonome des Magistrats du Niger (Saman) a refusé cette semaine que ses membres prêtent serment sur le «livre saint» de leur choix, avant de superviser les élections locales du 29 mai. Pour Aladoua Saadou, secrétaire général du Saman, cette disposition voulue par le gouvernement est en «violation de la Constitution qui a proclamé la séparation de l’Etat et de la religion».

Aladoua Saadou souligne les «risques de dérive religieuse qui ouvre la voie à des revendications fondamentalistes dans un Etat laïc et républicain». Il demande à tous les magistrats de s’abstenir de toute participation au processus électoral s’ils étaient contraints de prêter un tel serment.

Les argument du secrétaire général du Saman ont été rejetés par El hadji Moussa, garde des Sceaux, ministre de la Justice. Ce dernier a réaffirmé le caractère laïc de l’état nigérien, soulignant qu’il n’a «jamais été demandé de prêter serment sur le coran seulement». «Il a été dit que tous les responsables, à tous les niveaux de l’organisation des élections doivent prêter serment sur le livre saint de leur confession», a- t-il affirmé sur Radio France internationale.

En 1999, une nouvelle constitution, adoptée par référendum pour mettre un terme à l’instabilité politique chronique au Niger, a introduit la prestation de serment pour les dirigeants du pays avant d’entrer en fonction. Le président Mamadou Tandja et son Premier ministre Hama Amadou ont respecté cette disposition en prêtant serment sur le coran. Cet acte a suscité les critiques des Nigériens non musulmans. Le Niger est un pays musulman à plus de 90% sur une population évaluée à environ 8 millions d’habitants. (apic/ibc/bb)

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